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La folie Ophélie

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Voir des anciens cyclones revenir sur l’Europe dans la circulation d’Ouest des latitudes tempérées est assez fréquent. C’est arrivé en septembre dernier avec Maria. En observer qui atterrissent plus au Sud est également un cas de figure connu. Cela s’était notamment produit lors de la Mini-Transat 1981 avec la dépression Irène qui avait cueilli la flotte au cap Finisterre et avait causé de gros dégâts, j’y avais chaviré avec Tiki avant de poursuivre ma course.

 

 

Ce 12 octobre 2017 à 02h00 EDT (Eastern Daylight Time : heure de la côte Est des États-Unis), 06h00 UTC, Ophélie est un cyclone de catégorie 1 presque à la latitude de Madère ! (© NOAA / NHC)

 

 

Ces dépressions tropicales nées à l’Ouest de l’archipel du Cap Vert, devenues tempêtes tropicales puis cyclones, effectuent un tour plus ou moins important dans le Sud de l’Atlantique Nord, grimpent le long de la côte orientale des États-Unis et repartent vers l’Est, acquérant ainsi le statut de dépression d’origine tropicale à une latitude tempérée. Il y a aussi des perturbations qui naissent sur le front polaire avant d’adopter une trajectoire si Sud – sous les Açores -, qu’elle y gagnent le qualificatif provisoire de “ tropicale ”, avant de remonter vers le Nord-Est.

 

 

Le 11 octobre 2017 à 18h00 UTC, Ophélie est ici sur le 30ème parallèle, latitude intermédiaire entre les Canaries et Madère, visibles à environ 850 milles à l’Est. (© Météo-France)

 

 

Mais, une dépression tropicale qui se forme au Sud-Ouest des Açores (en l’occurrence le 9 octobre au matin à 1 400 milles de celles-ci) avant d’emprunter la route directe vers le golfe de Gascogne, est plus rare. Surtout lorsque ladite dépression tropicale devient tempête tropicale puis cyclone de catégorie 1… comme l’est devenu Ophélie, le 11 octobre au soir par 30° N / 36° W, 900 milles dans le Sud-Ouest des Açores et 850 milles à l’Ouest des Canaries où les premiers de la Mini-Transat viennent d’arriver. Comme ceux de la Volvo Ocean Race et de la Transat Jacques Vabre, les organisateurs de la Mini vont scruter l’activité cyclonique à l’approche de début novembre…

 

O.C.

 

 

La trajectoire prévue d’Ophélie la mènerait dimanche soir 15 octobre à l’Ouest du cap Finisterre et lundi 16 octobre après-midi sur l’Irlande (heures UTC dans cette légende mais AST sur la carte, c’est-à-dire Atlantic Standard Time = UTC-4). (© NOAA / NHC)

 

 

P.S. Une pensée émue pour notre camarade Patrice Lindet dont le courage face au cancer ces cinq dernières années s’est doublé d’une attention aux autres et d’une implication qui forcent le respect et font chaud au coeur.

 

 

Ophélie sera au large de la péninsule ibérique le dimanche 15 octobre à 12h00 UTC, selon cette carte de prévision en surface établie sur la base du modèle de 00h00 UTC du jeudi 12 octobre. À une semaine et demie près, la Mini-Transat rencontrait des conditions plus sévères… (© Met Office)

 

 

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Cyclones : un cycle en mode majeur

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Près de quatre ans après la série d’articles Cyclones et cycle que j’avais publiée à la suite du super typhon Haiyan, une mise à jour s’impose avec Irma. Cette série concluait qu’en dépit du réchauffement climatique il y avait moins de cyclones dans le monde mais plus de super cyclones. Cela n’a pas changé.

 

 

Ce 16 septembre 2017 à 10h50 EDT (Eastern Daylight Time : heure de la côte Est des États-Unis), 14h50 UTC, Jose qui est né… le 5 septembre ! est toujours un cyclone de catégorie 1 tandis que la tempête tropicale Lee vient de naître au Sud-Ouest de l’archipel du Cap Vert et que la tempête tropicale Maria ne devrait plus tarder à naître (croix rouge), en tant que quinzième phénomène baptisé de la saison, et pourrait menacer de nouveau les Antilles ! (© NOAA / NHC)

 

 

Elle indiquait également que si le nombre de cyclones et de jours cycloniques était en baisse sur le globe, ce n’était pas le cas sur l’Atlantique Nord qui avait connu une augmentation sur la période 1970-2005, avec une accélération entre 1990 et 2006, en dépit d’une grande variabilité. Les années 1955-2005 avaient vu un nombre moyen de phénomènes cycloniques baptisés de 10 par an, mais il pouvait varier de 2 à 27 selon les années, comme en 2005 (13 tempêtes tropicales et 14 ouragans) où, en plus des 21 prénoms prévus pour l’année, on avait dû utiliser l’alphabet grec pour les six derniers phénomènes d’une saison record (depuis 1933) qui ne s’était achevée que début janvier 2006 !

 

Cette variabilité de la saison cyclonique sur l’Atlantique Nord a continué depuis onze ans puisque selon la National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis (NOAA) dont on peut consulter le tableau ici l’on a dénombré 10 phénomènes baptisés en 2006, 15 en 2007, 16 en 2008, 9 en 2009, 19 en 2010, 19 en 2011, 19 en 2012, 14 en 2013, 8 en 2014, 11 en 2015 et 15 en 2016, soit 155 en 11 ans donc une moyenne de 14.1 par an, très supérieure à la moyenne sur 1955-2005 (voir ci-dessus) et à celle de la période 1968-2016 qui est de 11.8. Cette accélération est vraisemblablement due pour une grande partie à la hausse de la température de la mer en surface (29 °C à 30.5 °C dans le cas d’Irma), elle-même liée au réchauffement climatique.

 

D’ores et déjà, la saison 2017 sur l’Atlantique Nord qui a commencé très tôt, le 19 avril (alors qu’une saison cyclonique court officiellement du 1er juin au 30 novembre mais cela n’a plus beaucoup de sens…), et qui a été réévaluée à la hausse début août par la NOAA, s’affiche comme peu banale, ne serait-ce que parce qu’on a vu conjointement pas moins de trois cyclones en activité.

 

 

Le 8 septembre 2017 à 18h00 UTC : Irma (au centre, son oeil de près de 50 kilomètres de diamètre est au Nord de la République dominicaine et au Sud des Bahamas, ce cyclone est grand comme les deux tiers de la France métropolitaine, il génère des rafales supérieures à 300 km/h (360 km/h auraient été relevés à Barbuda soit 194 noeuds !), des vagues de 12 mètres et une surcote de 3 à 5 mètres au moins selon les endroits), Jose (à l’Est de l’arc antillais qu’il va tangenter et épargner) et Katia (dans le golfe du Mexique). L’image d’une saison en mode majeur. (© Météo-France)

 

 

Cependant, le paramètre essentiel pour une comparaison pertinente est l’ACE. Pour l’expliciter, il me faut reprendre presque mot pour mot ce que j’écrivais dans le deuxième article de la série précitée : l’indice ACE (Accumulated Cyclone Energy ou Énergie accumulée d’un cyclone) est calculé en élevant au carré le vent soutenu maximal en surface ayant été relevé sur une période de six heures entre les heures synoptiques principales (00h00, 06h00, 12h00 et 18h00 UTC). Cela est répété aussi longtemps que le phénomène affiche un vent soutenu suffisant pour qu’il mérite d’être baptisé, c’est-à-dire un vent soutenu supérieur à 34 noeuds.

 

Rappelons que le vent soutenu (sustained wind) qui est utilisé par l’échelle de Saffir-Simpson est le vent moyenné sur une minute. Il ne s’agit donc pas du vent moyen tel qu’on l’utilise dans la plupart des pays pour tous les documents météorologiques en surface (au niveau moyen de la mer, Mean Sea Level Pressure en anglais, Surface en américain), suivant les recommandations de l’Organisation météorologique mondiale (OMM). Celui-ci est le vent moyenné sur dix minutes à dix mètres de hauteur. C’est par exemple celui des fichiers Grib.

 

Parce qu’il combine une intensité et une durée sur toute la durée de vie du phénomène, l’ACE est un indice plus pertinent que la seule force du vent, y compris pour appréhender son activité globale et son pouvoir potentiel de destruction s’il passe sur des lieux habités avec des côtes basses (très vulnérables à la surcote) et à l’aménagement du territoire hasardeux…

 

Cet indice ACE a pour unité 104 N2 (où N est en noeuds). Exemple : sur un épisode de 6 heures avec un vent soutenu maximal de 60 noeuds, cela donne 602 = 3 600 noeuds2, auquel on applique pour en simplifier la lecture un coefficient multiplicateur de 10-4,ce qui donne donc un ACE de 0.36 noeuds2. Pour l’ACE total d’un cyclone, on additionne les valeurs obtenues par tranches de six heures. Supposons que le vent soutenu maximal ait atteint 60 noeuds sur 16 périodes de 6 heures et 80 noeuds sur 8 autres périodes de 6 heures, l’ACE global serait ainsi de (0.36 X 16) + (0.64 X 8) = 5.76 + 5.12 = 10.88 noeuds2.

 

 

Irma, Jose et Katia, trois cyclones en activité conjointement sur l’Atlantique Nord ! Jose pourrait avoir un ACE assez élevé compte tenu de sa longévité (11 jours au 16 septembre !). (© NOAA / NHC)

 

 

Irma qui est le premier cyclone de l’Atlantique Nord observé avec les moyens satellitaires (c’est-à-dire depuis 1966) à être resté un peu plus de trois jours consécutifs en catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson (vent soutenu supérieur à 137 noeuds) affiche un ACE de 67.5. Parmi ceux observés par satellite, un seul cyclone avait été plus puissant en Atlantique Nord : Ivan avec un ACE de 70.4 en 2004. Le record absolu dans le monde est le super typhon Ioke qui a sévi dans l’Ouest du Pacifique Nord du 19 août au 5 septembre 2006 avec un ACE de 82. Quant à Haiyan, il n’affichait qu’un ACE de 36.82, prouvant qu’un ACE relativement “modeste” peut être destructeur en passant au mauvais endroit (les Philippines en l’occurrence) au mauvais moment (le plus fort de son intensité comme Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélémy notamment).

 

L’ACE est également utilisé sur une saison entière sur un secteur donné (et sur le globe in fine) en ajoutant les indices de chaque cyclone, alors en corrélation avec le nombre de phénomènes baptisés de ladite saison (tempêtes tropicales et cyclones), leur durée et leur intensité. Là aussi, c’est plus pertinent que le simple décompte d’ouragans par bassin océanique. Pour l’Atlantique Nord, l’ACE moyen annuel sur la période 1968-2016 est de 95.4 (l’année record de l’ère satellitaire étant 2005 avec un ACE de 250). L’on voit ainsi qu’Irma a développé à lui seul 70 % de l’énergie accumulée en moyenne chaque année par tous les phénomènes baptisés de l’Atlantique des années 1968-2016 !

 

Une saison proche de la normale affiche un ACE dans la fourchette 66-111. Une saison au-dessous de la normale a un ACE inférieur à 66 et une saison au-dessus de la normale a un ACE supérieur à 111 (associés à d’autres conditions liées à l’écart à la médiane et au nombre de phénomènes classés par types qui sont à voir ici, sachant qu’un major hurricane recouvre les catégories 3 à 5 Saffir-Simpson tandis qu’on parle de super cyclone pour la seule catégorie 5 ou pour celle-ci et le haut de la catégorie 4 avec un vent soutenu supérieur à 130 noeuds). Dans le grand cycle des cyclones, il y a fort à parier que l’année 2017 sera une saison en mode majeur.

 

O.C.

 

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Irma la dure

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La saison cyclonique s’accélère en Atlantique Nord. Harvey à peine évacué, voici le cyclone Irma en approche des Antilles où il pourrait être aussi dangereux que Luis (1995 à Saint-Martin) et Hugo (1989 à la Guadeloupe). L’occasion d’insister une nouvelle fois sur les documents remarquables que le National Hurricane Center (NHC) du National Weather Service (NWS) de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) met à la disposition de tous (outre ses bulletins de textes non moins remarquables) :

 

 

Le 5 septembre 2017 à 02h27 EDT (Eastern Daylight Time : heure de la côte Est des États-Unis), 06h27 UTC, Irma est le seul cyclone en activité sur l’Atlantique Nord mais deux croix oranges sont d’autant plus à surveiller que celle que je vous signalais en légende de la première image de mon précédent article, au Sud de l’archipel du Cap Vert, allait donner Irma qui fut baptisé dès le lendemain, 30 août, à environ 270 milles à l’Ouest des îles précitées. Mais revenons à la présente carte : si vous cliquiez sur la croix orange en plein Atlantique par 10° N / 37° W vous verriez que cette zone de basses pressions orageuse présente 60 % de risques de formation d’un cyclone sous 48 heures. Il suivrait Irma de près. Quant à la croix orange au Sud-Ouest du golfe du Mexique, elle annonce un risque de 50 % d’une évolution en cyclone sous 48 heures ce qui serait dramatique pour la région. L’un et l’autre seraient alors baptisés Jose et Katia d’après la liste officielle consultable ici. (© NOAA / NHC)

 

 

En passant le curseur sur l’icône du cyclone, l’étiquette en donne les paramètres fondamentaux le 5 septembre 2017 à 02h00 AST (Atlantic Standard Time), 06h00 UTC : catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson, vent soutenu maximal prévu à 125 noeuds, pression de l’oeil à 939 hPa, déplacement vers l’Ouest à 11 noeuds… (© NOAA / NHC)

 

 

Toujours pour l’avis n° 23A du 5 septembre à 02h00 AST (le n° 24 sera édité trois heures plus tard), la trajectoire prévue de l’oeil (rond noir avec lettre M pour ouragan majeur avec un vent soutenu supérieur à 110 miles par heure), avec les échéances, et du cône au sein duquel elle est susceptible d’évoluer, sur les 3 prochains jours (fond plein) et 2 jours supplémentaires (fond pointillé). Attention, cela ne représente pas l’extension du cyclone comme le précise l’avis du bandeau noir en haut (même si pour la position courante, le beige clair représente à peu près la surface de la tempête tropicale et le brun soutenu celle du cyclone. Les terres en rouge sont celles où l’avis de cyclone (ouragan) est effectif et en bleu pour l’avis de tempête tropicale (c’est le cas de la Guadeloupe ici). (© NOAA / NHC)

 

 

Sur la base du 4 septembre à 20h00 AST, cette carte montre les pourcentages de probabilités d’un vent soutenu (sustained wind) – vent moyenné sur une minute – de plus de 63 km/h correspondant à celui d’une tempête tropicale (jusqu’à 117 km/h, soit entre 34 et 63 noeuds inclus). C’est aussi ce seuil d’un vent soutenu à 34 noeuds (63 km/h) qui donne l’accès au phénomène cyclonique baptisé. La Guadeloupe était alors entre 40 % (Sud) et 60 % (Nord) de risque. (© NOAA / NHC)

 

 

La même carte que ci-dessus avec en surimpression les isochrones de la progression prévue du cyclone. (© NOAA / NHC)

 

 

O.C.

 

P.S. 05/09/17 17:30:00. Irma est passée en catégorie 5 avec un vent soutenu maximal de 155 noeuds… Et Jose est né, la croix en plein Atlantique évoquée en légende de la première image ci-dessus étant devenue une tempête tropicale qui va suivre à peu près la même trajectoire avec trois jours de décalage… et le risque qu’elle devienne aussi un cyclone… Une situation potentiellement catastrophique.

 

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Avec lui le déluge

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Premier ouragan majeur de la saison cyclonique en Atlantique Nord, Harvey n’était qu’une tempête tropicale lorsqu’il franchit l’arc antillais, le 18 août. Il perdait de son intensité en arrivant sur la presqu’île du Yucatán (Mexique) après avoir traversé la mer des Caraïbes. Obliquant vers le Nord-Nord-Ouest sous l’influence de la force de Coriolis, il se rechargeait brutalement en énergie sur les eaux très chaudes du golfe du Mexique, atteignant rapidement la catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson.

 

 

Le 29 août à 01h00 CDT (Central Daylight Time), soit 06h00 UTC, Harvey se déplace vers l’Est-Sud-Est à seulement 4 noeuds mais le déplacement prévu dans les prochains jours est un lent mouvement vers le Nord-Est passant au-dessus de la Louisiane le 30 août. Notez la croix orange au large de la Caroline du Sud, en bordure du Gulf Stream : elle indique une dépression en cours de formation qui devrait donner une violente tempête le long des côtes américaines ces prochains jours (le 31 août au Sud de la Nouvelle-Écosse, le vent soutenu atteindra 70 noeuds et les rafales dépasseront les 85 noeuds) . Quant à la croix orange au Sud de l’archipel du Cap Vert, elle signifie qu’une onde tropicale et les basses pressions associées présentent cinquante pour cent de risques qu’un cyclone se forme sous 48 heures. Le tout est à surveiller ici sur le site du National Hurricane Center (NHC) de la NOAA. (© NOAA / NHC)

 

 

S’il a été rétrogradé en catégorie 3 lorsque son oeil (938 hPa) a atteint la côte américaine près de Rockport (Texas), le 26 août à 3 heures UTC, avec un vent soutenu mesuré jusqu’à 212 km/h (115 noeuds), la surcote découlant de la pression atmosphérique très faible et du vent violent, a été estimée de 1 mètre à 3,70 mètres selon les sites de part et d’autre de l’estran, leur configuration hydrographique et topographique ayant une grande influence (bathymétrie, pente littorale, relief…). Cette hausse du niveau de la mer a généré des inondations considérables sur cette côte basse, ce que n’avait pas fait l’ouragan Matthew, le plus fort de la saison dernière.

 

À titre de comparaison, la surcote avait atteint près de 8,50 mètres pour Katrina en 2005 à La Nouvelle-Orléans, un record depuis qu’on fait des mesures satellitaires (on évoque 14,60 mètres pour un cyclone ayant touché l’Australie en 1899). Celle de Xynthia était de 1,50 mètre (toujours sans compter la marée proprement dite), en Vendée et en Charente-Maritime, et celle de la tempête d’octobre 1987 en Bretagne était de 2,50 mètres.

 

 

Cette autoroute (I610) de Houston est noyée sous plusieurs mètres d’eau, le 27 août à 11 heures 38 (heure locale).  Le 29 août à 9 heures UTC, il était déjà tombé plus de 1 000 mm de pluie depuis le début du phénomène, quatre jours et demi auparavant. (© Houston TranStar)

 

 

Cependant, dans le cas de Harvey, rapidement redevenu tempête tropicale depuis qu’il ne s’alimente plus en énergie sur les eaux chaudes, ce sont les précipitations qui donnent le vertige. En effet, la dépression progresse très peu et inonde de ses pluies diluviennes la région de Houston, ses monstrueux cumulonimbus générant des orages violents avec de la grêle et des tornades (pas moins de 43 tornades ont été observées en 36 heures sur Houston et ses environs, plus de 150 avis de tornades ont été émis par le National Weather Service de Houston depuis l’arrivée de Harvey !).

 

Selon les prévisions du National Hurricane Center (NHC) de la NOAA, cette situation pourrait encore durer deux ou trois jours sur la trajectoire prévue de Harvey, portant le cumul de pluie à plus de 1 000 mm, voire à 1 500 mm (1 500 litres par mètre carré !) en certains points. En cinq jours, il serait alors tombé plus qu’en une année (la pluviométrie annuelle normale à Houston est de 1 264 mm pour la période 1981-2010 selon la NOAA) !

 

 

Cette image d’Harvey a été prise par le satellite Copernicus Sentinel 3A de l’Agence spatiale européenne (ESA), le 25 août 2017 à 04h06 UTC. Soit 24 heures avant qu’il ne touche terre au Texas, alors qu’il atteignait son développement maximal sur le golfe du Mexique, en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson (notez l’échelle, le contour de l’oeil fait plus de 200 kilomètres de diamètre). La température de brillance au sommet des cumulonimbus, à près de 15 000 mètres d’altitude (sommet de la troposphère à cette latitude), témoigne de l’immense énergie émise par ces contrastes considérables : elle varie de -80 °C près de l’oeil (bleu foncé) à +20 °C à la périphérie (rouge foncé). Ce gradient de température est aussi important verticalement, la formidable convection expliquant notamment la grêle qui accompagne les précipitations diluviennes. (© ESA)

 

 

Cela pourrait alourdir le bilan humain provisoire (il serait de neuf morts) et matériel (peut-être vingt milliards de dollars de dégâts voire beaucoup plus). Ce véritable déluge est à comparer aux 350 mm de précipitations générées par Katrina en 2005 sur la Louisiane et la Floride. Une triste référence en matière d’inondations meurtrières lorsque les plus pauvres avaient été piégés par les eaux (plus de 1 800 morts).

 

O.C.

 

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Vous n’oubliez pas quelque chose ?

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Dans la série ils se moquent du monde, après les porte-conteneurs, voici le dock flottant. J’ai croisé celui-ci en mer Égée, le 15 juin dernier, sur l’autoroute de Suez au Bosphore. Non, il n’avance pas à la voile et ce n’est pas plus le linge de l’équipage qui sèche. Ces bâches en lambeaux que l’on n’a pas pris le temps d’enlever – parce que le temps c’est de l’argent et que l’argent c’est quand même plus important que l’environnement -, sont juste un aperçu de ce que l’on croise régulièrement en mer. Le plastique des océans ne vient pas que de la terre.

 

 

Le dock flottant Unithai 1 mesurait 282 mètres de long à l’origine (il a vraisemblablement été raccourci) pour 47 mètres de large… (© Olivier Chapuis)

 

 

Transporté ici par le navire semi-submersible Zhen Hua 15 de l’armement néerlandais ZPMC, le dock flottant Unithai 1 du chantier thaïlandais Unithai Shipyard and Engineering (UTSE) peut accueillir des navires de 140 000 tonnes de port en lourd. Lorsqu’on en recherche des images sur internet, on constate que ces bâches sont normalement entières et l’on en déduit que tout ce qui n’est plus là est parti à l’eau entre l’Asie et la Méditerranée, étouffant peut-être au passage quelques mammifères marins et autres tortues, avant de se décomposer sûrement en micro particules qu’ingéreront les poissons et ceux qui les mangent…

 

O.C.

 

 

…Il est embarqué sur le Zhen Hua 15 (233,30 mètres de longueur hors-tout pour 42 mètres au maître-bau). (© Olivier Chapuis)

 

 

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À la recherche du temps perdu

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Longtemps, il s’est annoncé de bonne heure. Galileo, le système européen de navigation par satellites, n’en finit pas d’avoir des problèmes. Après un retard et un surcoût considérables, guère surprenants pour un projet international de cette ampleur, dont quelques flops retentissants à l’instar d’une mauvaise mise sur orbite en 2014, ce sont ses précieuses horloges atomiques qui s’avèrent fragilisées, ainsi que cela a été révélé mi-janvier 2017.

 

 

Sur les trente prévus à terme (en comptant les six de secours), dix-huit satellites Galileo sont déployés en orbite circulaire… avec un défaut sur leurs horloges atomiques qui ne pourra pas être repris à distance pour les horloges au rubidium mais qui sera corrigé sur les douze satellites restant à lancer. (©  ESA / P. Carril)

 

 

Soit, un mois après la date à laquelle Galileo est devenu partiellement opérationnel, le 15 décembre 2016… huit ans au-delà de la date prévue. Pour mémoire, le programme avait été décidé en 1999 et le premier satellite mis sur orbite en décembre 2005. Le 17 novembre 2016, les satellites numéros 15 à 18 ont été lancés d’un coup, avec succès depuis Kourou en Guyane, par une fusée Ariane 5.

 

Avec 18 satellites en orbite circulaire à 23 222 kilomètres d’altitude, Galileo prenait enfin sa place au sein du GNSS mondial (Global Navigation Satellite System), aux côtés du GPS américain, du GLONASS russe et du Beidou chinois. La constellation de 24 satellites devrait être complète en 2020 pour un système alors pleinement opérationnel (il y en aura 6 supplémentaires en secours, soit 30 au total).

 

Bien que considérable, ce délai n’a pas eu que des inconvénients : Galileo a pu s’adapter au boom de la géolocalisation, des drones, des véhicules autonomes et des objets connectés nécessitant une précision de quelques centimètres qu’offriront à terme les services payants. Depuis l’hiver dernier, outre la recherche et le sauvetage (SAR ou Search and Rescue), les services gratuits sont accessibles avec un positionnement au mètre près.

 

Hormis les balises de détresse (ce qui n’est pas rien) et la course au large où les pilotes automatiques ont besoin de données très précises, la navigation de plaisance n’a que faire d’une telle précision, si ce n’est pour l’alarme de mouillage… à condition de ne pas trop éviter ! Encor faut-il disposer d’un récepteur GPS, d’une tablette ou d’un téléphone intégrant un jeu de puces (chipset) de localisation compatible Galileo, ce qui est loin d’être généralisé pour les équipements grand public.

 

 

Le positionnement à moins d’un mètre près n’est pas une préoccupation essentielle en navigation de plaisance. Même pas au mouillage, sous peine d’être réveillé sans cesse pour cause d’évitage… (©  Olivier Chapuis)

 

 

En effet, si les systèmes GNSS sont bien compatibles, les récepteurs ne le sont qu’à cette condition. Tant qu’à faire, contrôlez aussi leur compatibilité avec GLONASS et assurez vous de bien disposer du différentiel par satellite pour l’augmentation de la précision (WAAS pour Wide Area Augmentation System ou EGNOS pour European Geostationary Navigation Overlay Service). Enfin, quoi qu’il en soit, n’oubliez surtout pas que la plupart des cartes marines ne permettent pas une navigation sûre au mètre près…

 

Mais je reviens à ce problème d’horloge. Chaque satellite Galileo compte quatre horloges atomiques. Deux sont des masers à hydrogène passif (dont l’un en redondance inactive) d’une précision d’environ une nanoseconde (un milliardième de seconde) par vingt-quatre heures (une seconde en… trois millions d’années). Ces masers sont la fierté de Galileo qui revendique ainsi une précision horaire supérieure à celle du GPS. Elle sera entre autres valorisée dans la synchronisation des systèmes pour les transactions financières, l’énergie ou les télécommunications.

 

Deux autres sont des horloges au rubidium d’une précision de dix nanosecondes par jour. L’une, en redondance active, prend immédiatement la relève du maser à hydrogène en cas de panne de celui-ci, afin d’éviter toute interruption du signal. L’autre est en redondance passive. Sur les soixante-douze horloges des dix-huit satellites en orbite, près de vingt seraient touchées par un dysfonctionnement et neuf seraient même hors service, trois au rubidium et six à l’hydrogène. Un seul satellite serait victime d’une panne de deux de ses quatre horloges.

 

La Commission européenne vient de révéler qu’un composant défectueux – coûtant quelques dollars ou plutôt quelques euros :) -, aurait été identifié par l’Agence spatiale européenne (European Space Agency ou ESA) comme le responsable d’un court-circuit sur les horloges au rubidium, incident que l’Inde aurait également subi sur son système régional de navigation par satellites.

 

 

Ici en cours d’intégration dans un satellite Galileo, les deux masers sont à gauche et les deux horloges au rubidium au centre. (© Philip Davies / Surrey Satellite Technology Ltd)

 

 

 

Une difficulté aurait aussi été analysée dans le mode d’utilisation des masers en orbite, lequel aurait été modifié depuis. Dans les deux cas, les services Galileo ne seraient pas affectés par ces avaries, en cours de correction sur les prochains satellites dont quatre doivent être lancés en décembre par Arianespace. Derrière le diagnostic et ses solutions, la guerre économique fait rage entre recalés et reçus aux appels d’offres, certains étant reconduits en dépit de ces défaillances. Le temps perdu n’a pas la même valeur pour tout le monde.

 

O.C.

 

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Monsieur Jo a la banane

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La route, il la connaît par coeur. Elle ne lui a pas toujours souri et même lorsque ce fut le cas, cela s’est terminé une fois sur les roches de Penmarc’h, il y a douze ans. Épuisé par trop d’efforts. Pourvu qu’il s’en souvienne tandis qu’il fait route vers La Trinité-sur-Mer, grappillant les heures de sommeil qui lui manquent. À 1 heure 37 minutes 2 secondes UTC, ce 12 juillet 2017, Francis Joyon vient d’améliorer son propre record de l’Atlantique Nord en solitaire d’Ouest en Est : 5 jours 2 heures 7 minutes, soit 23,58 noeuds sur l’orthodromie (2 880 milles).

 

 

Depuis ses débuts en multicoque, Francis Joyon a vu ses moyens progressivement augmenter, grâce à son fidèle partenaire Idec, mais il n’a guère changé sa façon de fonctionner qu’il n’a jamais enflée à la mesure de ses grands trimarans. Une façon d’être qui fait des merveilles. Ce marin est l’incarnation du slogan « Un homme, un bateau, un océan ». (© Idec Sport)

 

 

À 61 ans, c’est la troisième fois qu’il bat le mythique record entre New York (Ambrose) et la longitude du cap Lizard (Sud de l’Angleterre). Cette fois, à bord d’Idec Sport – double vainqueur de la Route du Rhum en solitaire avec Franck Cammas en 2010 (Groupama 3) puis Loïck Peyron en 2014 (Banque populaire VII) -, il gagne 49 minutes, battant son temps de juin 2013 qui était de 5 jours 2 heures 56 minutes 10 secondes, sur le précédent trimaran Idec. La première fois, celle de Penmarc’h, c’était en juillet 2005 sur l’Idec originel issu du Poulain d’Olivier de Kersauson, en 6 jours 4 heures 1 minute 37 secondes.

 

Francis avait conservé le trophée pendant trois ans avant que Thomas Coville ne le lui prenne en juillet 2008 (5 jours 19 heures 30 minutes 40 secondes). L’ayant récupéré en juin 2013, Joyon cumule ainsi sept années de détention du record solo, Laurent Bourgnon l’ayant conservé onze ans de juin 1994 à juillet 2005. Thomas Coville est parti de New York mardi 11 juillet à 06h19 UTC, avec Sodebo Ultim’, afin de tenter ce même défi dont la barre est désormais légèrement rehaussée.

 

 

Mené par dix équipiers du temps de Franck Cammas (qui avait porté ce même record de l’Atlantique en équipage à 4 jours 3 heures 57 minutes 54 secondes en juillet 2007) puis par six hommes sur le Trophée Jules Verne l’hiver dernier, Idec Sport était pour la première fois en solo aux mains de Francis Joyon qui dispose depuis deux ans, avec ce fabuleux plan VPLP, du meilleur bateau qu’il ait jamais eu, l’un des plus extraordinaires multicoques océaniques jamais construits. « J’ai fait quelques bêtises lors des envois de gennaker notamment, car j’avais pris l’habitude de me reposer sur des supers marins lors du Trophée Jules Verne. En fait, c’est comme si je retournais à l’école pour réapprendre le b.a.-ba du bateau. Heureusement, il est très tolérant, même à 30 noeuds… »  (© Idec Sport)

 

 

Pour sa première transat en solo à bord du trimaran de 31,50 mètres avec lequel il a pulvérisé le Trophée Jules Verne en équipage l’hiver dernier, Francis Joyon n’avait rien prémédité nous dit-on. N’en doutons pas mais n’oublions pas que ce diable d’homme traverse l’Atlantique comme d’autres la baie de Quiberon et qu’on ne se refait pas. Lorsque le vent adonne et qu’on a le multicoque dans la peau depuis trente ans, on fonce. Quand bien même n’aurait-il plus grand chose à se mettre sous la dent, Monsieur Jo a toujours la banane !

 

O.C.

 

 

Joyon a beau être un athlète hors normes, cette photo donne une petite idée de l’échelle d’un tel trimaran pour un homme seul. La veille de l’arrivée, il déclarait : « Je dois beaucoup m’employer car j’ai eu beaucoup de manoeuvres à effectuer. De plus, mes pilotes ne fonctionnent pas très bien et je préfère barrer pour aller plus vite. Je gagne jusqu’à 15 % d’efficacité si je demeure à la barre. » (© Idec Sport)

 

 

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AMP

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L’objectif est atteint. Et même dépassé, depuis le début de cette année, puisqu’il s’agissait de classer vingt pour cent des onze millions de kilomètres carrés (*) d’eaux sous juridiction française en aires marines protégées (AMP), d’ici à 2020 (* dix millions dans la Zone économique exclusive, ou ZEE, et un million pour ce qu’on appelle l’extension du plateau continental).

 

 

En métropole, les eaux françaises de Méditerranée sont couvertes par les AMP à 45 %, à 30 % en Manche et mer du Nord, et à 12 % en Atlantique. Essentiellement le long des côtes même si des zones Natura 2000 vont prochainement être définies au large. La légende détaille les huit catégories d’AMP de notre pays au titre du code de l’environnement. (© Agence française pour la biodiversité)

 

 

Depuis que la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) a été élargie à la majeure partie de sa ZEE, vingt-deux pour cent des eaux françaises sont ainsi placées sous la protection de feu l’Agence des aires marines protégées, qui est depuis le premier janvier dernier une composante de l’Agence française pour la biodiversité. En kilomètres carrés, cela donne la répartition suivante des AMP, en pourcentages décroissants des eaux françaises (arrondis, d’où un total très légèrement supérieur à cent pour cent) :

 

 

Polynésie française dans le Pacifique (47 %), Îles subantarctiques (TAAF) de l’océan Indien (16 %), Nouvelle-Calédonie dans le Pacifique (14 %), Îles éparses de l’océan Indien dont Tromelin (6 %), métropole (4 %), Clipperton dans le Pacifique (4 %), La Réunion dans l’océan Indien (3 %), Wallis et Futuna dans le Pacifique (3 %), Antilles françaises dans l’Atlantique (1 %, avant la création du parc naturel marin de Martinique confirmée il y a peu), Guyane française dans l’Atlantique (1 %), Mayotte dans l’océan Indien (1 %) et Saint-Pierre-et-Miquelon dans l’Atlantique (0,12 %).

 

 

À lui seul, le sanctuaire Pelagos de Méditerranée représente la moitié de l’étendue des AMP de métropole. Mais il ne concerne que les cétacés (ici des rorquals communs d’environ 16 mètres). Il y a encore du travail… (© Olivier Chapuis)

 

 

Cette répartition cache des disparités importantes puisque si les AMP couvrent plus de 95 % de la ZEE en Nouvelle-Calédonie, à Mayotte et aux Antilles, 36 % dans les TAAF, ou plus de 23 % en métropole, c’est moins de 10 % ailleurs (en moyenne) et il n’en existe pas partout. Voilà pour les chiffres. Il reste à éviter les effets pervers d’une financiarisation de l’océan et à se doter des moyens pour en appliquer les principes. À la lettre.

 

 

O.C.

 

 

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R.L.S.

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Doctor Robert et Mister Stevenson, l’ombre et la lumière, l’Écosse natale et le Pacifique azuréen. Lorsque qu’il quitte San Francisco sur le Casco, le 27 juin 1888, Robert Louis Stevenson (1850-1894) – R.L.S. – ne veut pas seulement naviguer, il espère soigner la tuberculose qui s’est révélée huit ans plus tôt. Comme le feront tant d’autres, dont Jack London et Sterling Hayden, l’écrivain – déjà célèbre par L’Île au trésor (1883) et L’Étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde (1886) -, croisera longtemps avant de se fixer aux Samoa où il mourra d’une hémorragie cérébrale.

 

 

Robert Louis Stevenson (l’homme en noir qui se retourne au deuxième plan) lors d’une pêche au harpon durant sa traversée à bord de l’Equator, entre le 24 juin et le 7 décembre 1889. (© Capital Collections)

 

 

Les seize dernières années de sa vie se passeront entre le Grand océan et ses îles, y puisant une source de vie – au sens littéral du terme (le soleil dont il a besoin afin de combattre la maladie) -, et d’inspiration. Non seulement pour le récit maritime et autobiographique Dans les mers du Sud (In the South Seas, paru en feuilleton dès 1891) dont le recueil édité par Omnibus et Dominique Le Brun ne présente que des extraits (302 pages tout de même) mais aussi pour ses oeuvres de fiction.

 

 

Une nouvelle, trois romans – dont un grand classique -, et un récit de navigation constituent ce volume (942 pages, 195 X 130 mm, 28 euros), fort bien présenté par Dominique Le Brun, avec une chronologie et une carte. (© Omnibus)

 

 

Morceau de choix avec L’Île au trésor (Treasure Island, dans la traduction de Théo Varlet – alias Déodat Serval – comme tous les autres textes sauf un), Le Reflux (The Ebb-Tide) sera ainsi le dernier livre publié de son vivant, le 21 septembre 1894 (voir le remarquable site http://robert-louis-stevenson.org). Il est en texte intégral comme Les Merry Men (sous leur titre quasi original de 1887 - The Merry Men – et non plus Les Gais lurons) tandis que Le Secret de l’épave (The Wrecker, 1892) est proposé dans une version expurgée afin de recentrer la traduction de François-Marie Rolland sur la partie maritime du roman. Les puristes (dont je crains de faire partie) pourront le regretter. Mais c’est bien de mer et de littérature qu’il s’agit ici. R.A.S. ? R.L.S. !

 

O.C.

 

 

Liliuokalani (1838-1917), dernière reine d’Hawaii (en 1891-1893) et Robert Louis Stevenson qui séjourne dans l’archipel de janvier à juin 1889 puis en octobre 1893. (© Capital Collections)

 

 

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Passage

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Les passages ne sont pas toujours où l’on croit. Prenez les glaces (ce qu’il en reste), on s’y aventure, le pack se referme (de moins en moins) et l’on doit rebrousser chemin pour tracer sa route vers l’eau libre. Ainsi, le roman de Pietro Grossi – intitulé Le Passage -, est-il moins consacré au passage du Nord-Ouest qu’à la traversée en double d’un fils et d’un père, d’un fils vers un père. Et réciproquement.

 

En guise de traversée, contrairement à ce qu’annonce la quatrième de couverture, il s’agit de la mer de Baffin entre Groenland et Canada, plutôt que du passage du Nord-Ouest à proprement parler, si l’on se réfère aux délimitations des océans et des mers définies par l’Organisation hydrographique internationale. Passons également sur les termes techniques un peu trop approximatifs.

 

 

Traduit de l’italien par la réputée Nathalie Bauer, Le Passage de Pietro Grossi paraît aux éditions Liana Levi (176 pages, 16 euros). (© Liana Levi)

 

 

L’important n’est pas là. L’écriture est tendue au profit d’une intrigue dont je me garderai bien de dévoiler les bordées même si je ne peux résister à l’envie de vous livrer la bonne idée d’utiliser la prise d’eau de mer du moteur comme pompe de cale… je n’en écrirai pas plus. Entre flashes-back et louvoyages familiaux, tensions latentes et souffles cétacés, Grossi nous embarque au grand largue.

 

O.C.

 

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