En avant-première et en exclusivité, voici l’arme que Michel Desjoyeaux utilise dans le Vendée Globe. Je ne contribuerai pas ici à l’analyse du pourquoi de son retour époustouflant… s’il a eu de la chance dans son malheur du départ, en évitant l’essentiel du gros temps dans le golfe de Gascogne, s’il a ensuite bénéficié de meilleures conditions que la tête de la flotte, à la descente de l’Atlantique, jusqu’au contournement de l’anticyclone de Sainte-Hélène inclus. Je ne prendrai pas plus part au débat sur les déclarations de l’impétrant et encore moins aux polémiques qu’elles suscitent.

 

Tout ce que je sais, c’est que depuis 30 jours, il est en tête du Vendée Globe, avec 263 milles d’avance au classement de ce 15 janvier à 5 heures, alors qu’il est reparti des Sables d’Olonne avec plus de 41 heures de retard. Cela vient vraisemblablement à la fois du fait qu’il fait marcher Foncia très vite et sur la bonne trajectoire. Et qu’il n’a pas cassé (en tout cas il n’en a rien dit) bien qu’il ait pourtant poussé son bateau au moins autant que les plus rapides… sinon franchement plus.

 

 

Une petite mise en scène envoyée par « Mich’ Desj’ » après une pointe à 32,37 noeuds enregistrée sur le répétiteur du boîtier de commande du Gyropilot NKE. Un écran MaxSea et le boîtier de contrôle de la quille pivotante complètent le tableau (© Michel Desjoyeaux).

 

 

Parce qu’en voile en général et à ce niveau de compétition en particulier, il y a une multitude de facteurs qui entrent en ligne de compte, je maintiens plus que jamais le point d’interrogation associé au titre de ce feuilleton. Il y a beaucoup d’armes fatales (tant et si bien qu’aucune ne l’est justement… fatale !). « Mich’ Desj’ » en a d’ailleurs dévoilé certaines, à l’instar de sa trinquette en Cuben fiber. On pourrait aussi parler des pilotes automatiques et de nombre d’autres équipements essentiels sur différents 60 pieds IMOCA.

 

Pour revenir au routage embarqué, Michel Desjoyeaux dispose donc d’un outil que les autres n’ont pas, en l’occurrence MaxSea Time Zero et son module Routage. Il est le seul à en bénéficier sur le Vendée Globe, les vingt-deux autres utilisateurs de MaxSea, sur trente concurrents au départ, employant des versions antérieures, souvent en parallèle des logiciels Adrena qui étaient à bord de dix-huit bateaux (voir « L’arme fatale 1 »).

 

MaxSea Time Zero n’est pas encore doté d’un module Performance, la société MaxSea n’ayant pas eu le temps de le développer pour son architecture logicielle totalement neuve. Il ne permet donc ni l’affichage des polaires ni celui des laylines (entre autres…). Desjoyeaux emploie donc simultanément MaxSea 12 pour ces fonctions et pour enregistrer sa trace, car MaxSea Time Zero n’exploite pas encore graphiquement les données sauvegardées dans le Journal de bord (les développeurs de MaxSea Time Zero étudient en effet à fond toutes les interfaces – et cela prend du temps ! – afin de ne pas transformer MaxSea Time Zero en usine à gaz comme MaxSea 11 et 12 l’étaient devenus en certains domaines).

 

On pouvait penser que forte de son leadership, la compagnie MaxSea délaissait un peu le monde de la compétition pour le marché très grand public depuis l’accord avec Furuno concernant NavNet. Ainsi, les versions 11 et 12 n’avaient pas énormément évolué dans ce domaine au point que quelques skippers du Vendée Globe utilisent plutôt la version 10 (certains parce que leur ordinateur durci n’est pas assez puissant pour la version 12 qui est très gourmande en mémoire vive ; MaxSea Time Zero est adapté à des machines plus légères comme les traceurs, en termes de processeur et de mémoire vive mais pas pour la carte graphique qui nécessite de la puissance).

 

Alors qu’Adrena a repris ces dernières années – avec grand succès (voir « L’arme fatale 2 et 3 ») – le rôle que MaxSea tenait précédemment en associant les besoins des coureurs au développement de ses versions successives, le partenariat de MaxSea avec Desjoyeaux affiche donc la volonté du leader du marché du logiciel de navigation de revenir pleinement vers les compétiteurs. Du côté de Michel Desjoyeaux, cette exclusivité d’usage de MaxSea Time Zero sur le Vendée Globe n’est pas qu’une affaire de publicité loin s’en faut. « Mich’ Desj’ » prépare ses courses et son matériel en poussant très loin sa réflexion et les réalisations customisées, pilotées ou effectuées directement par sa société Mer agitée.

 

La version de MaxSea Time Zero (une version 1.5 modifiée) qu’emploie Michel Desjoyeaux a ainsi été développée selon ses instructions en ce qui concerne le module Routage. Le cahier des charges en a été établi pour MaxSea par les spécialistes de Mer agitée (Michel lui-même plus Dimitri Voisin, responsable de la recherche et du développement, de l’électronique et de l’informatique embarquée, avec Clément Rive) à commencer par la définition précise de ce que l’on doit attendre d’une polaire de vitesses. Cela confirme, si besoin était, combien Desjoyeaux entend maîtriser l’ensemble de la chaîne ! Le dit cahier des charges est incontestablement inspiré des avancées apportées par Adrena (voir « L’arme fatale 2 et 3 ») mais « Mich’ Desj’ » y a mis sa patte personnelle afin de disposer de fonctionnalités répondant à sa vision et à ses besoins… tout en étant sûr que les autres n’en disposeraient pas !

 

Depuis sa création en 1985, c’est le routage qui a fait le succès de MaxSea en compétition. Jusqu’à MaxSea 12, il n’y avait qu’un seul fichier de polaires de vitesses pris en compte dans l’algorithme, celui du bateau. Dans MaxSea Time Zero, elle est baptisée polaire de vent (polaire Wind, basée sur le vent réel) parmi les trois polaires désormais disponibles mais l’algorithme de routage – point fort historique de la maison – reste celui de MaxSea 12 (je n’évoquerai pas ici les bouleversements de MaxSea Time Zero dans les autres domaines que le routage).

 

La polaire SailSet (le nom rappelle vraiment le Sailect de North et d’Adrena…) est une base de données qui intègre – pour chaque voile et chacune de ses configurations (arisée ou non par exemple) – la vitesse et l’angle du vent réel et la vitesse du bateau. Ce fichier permet de visualiser d’un seul coup d’oeil (sans avoir besoin de jouer l’animation comme avant, c’est beaucoup plus confortable et efficace intellectuellement) le vent (direction et force) et en corrélation directe, la voilure optimale sur tout le parcours, en l’occurrence sur la zone explorée par le routage. Un code de couleurs très explicite sur l’arbre de routage (zone sur laquelle s’étend le calcul du routage, le tronc étant la route optimale et les branches étant les isochrones) qui fournit l’indication de la combinaison de voilure requise.

 

Je ne sais plus sur quelle image j’avais aperçu ce tableau de légendes collé près de l’ordinateur de Foncia ou directement à l’écran de celui-ci. J’y avais repéré que Michel Desjoyeaux emploie une bonne quinzaine de couleurs. Pour la version commerciale de MaxSea Time Zero 1.5, MaxSea a retenu trois couleurs de base qui sont dégradées, du jaune au rouge vif pour le près, du bleu clair au bleu foncé pour le travers et du vert clair au vert foncé pour le portant, la densité de la teinte étant proportionnelle à la force du vent.

 

 

Ce tableau figure le code couleurs SailSet par défaut dans MaxSea Time Zero. Pour l’instant il ne distingue pas bâbord amures / tribord amures mais ce sera le cas ultérieurement. Le tableau utilisé par Michel Desjoyeaux est beaucoup plus riche (une quinzaine de teintes) afin de bien couvrir toute la complexité de son jeu de voiles et les multiples combinaisons possibles (© MaxSea).

 

 

Contrairement à la représentation en couleurs du vent ou des vagues qui n’est donnée qu’à un instant donné du routage (alors que celui-ci est tracé jusqu’à la fin ce qui introduit une distorsion de temps dans l’image), cette figuration en couleurs des combinaisons de voilure le long de la route simulée par le routage intègre bien – sur une seule et même image fixe – l’ensemble des conditions de vent successives depuis le début jusqu’à la fin du routage. Cette représentation synoptique est un progrès fondamental pour la lecture de celui-ci.

 

Outre les algorithmes qui sont vraisemblablement distincts, la principale différence visible avec Adrena réside donc dans le fait que l’information figure sur la carte géographique et non sur le seul tableau de routage ou sur le graphe de la polaire de voiles (la Sailect chez Adrena). Cette synthèse graphique sur la carte proprement dite me semble très ergonomique et c’est visiblement ce que Michel Desjoyeaux désirait. En course au large, elle est à mon avis plus simple et efficace qu’un graphe à part (Sailect d’Adrena), lequel convient mieux à une régate. Mais les deux recourent au tableau de routage de la même façon.

 

 

Au lieu du vent ou de la mer à un instant donné, l’arbre de routage permet ici de visualiser d’un coup d’oeil les combinaisons de voilure (évidemment liées à la direction et à la force du vent) telles qu’elles se présenteront (selon les prévisions) sur l’ensemble du routage au fur et à mesure de la progression. Cette représentation synoptique assimile donc en une seule image les conditions pour toutes les échéances (quel que soit le pas de temps). En rouge le près, en bleu le travers et en vert le portant, la densité de la teinte étant proportionnelle à la force du vent (© MaxSea).

 

 

Les polaires Wind et SailSet restent modifiables n’importe quand, par exemple si le skipper décide que dans les conditions de vent particulières qu’il rencontre, il ne suit pas la préconisation de voilure affichée par le code couleurs. En effet, celle-ci étant issue de la campagne de mesures effectuée avant la course, elle peut être remise en cause par divers paramètres, modifiés depuis, comme la dégradation ou la perte d’une voile, la fatigue du skipper, l’état de la mer ou la cadence de la course.

 

Desjoyeaux a ainsi pondéré son routage dans le Sud en fonction du rythme de ses concurrents. Il le confirmait dans son mél du 9 décembre : « Dans la descente de l’Atlantique, je faisais marcher le routage et les polaires à 100 %. Là, je suis à 90 % voire à 85 % pour coller à la vitesse de certains. Si je vois qu’il y en a un qui cravache, j’accélère, et si jamais je vois que cela lève le pied, eh bien, je lève le pied… En me servant du routage, j’ai une vraie comparaison mathématique de ce qui se passe sur l’eau. Ce n’était pas le jeu pour moi avant de faire cela, maintenant c’est juste une histoire de bon sens ! ».

 

Comme dans Tactique (voir « L’arme fatale 3 »), l’état de la mer (pour les meilleurs modèles numériques de prévision, il s’agit de la mer totale, c’est-à-dire de la houle et de la mer du vent) est désormais pris en compte dans le routage de MaxSea, en plus du vent et du courant. L’introduction dans l’algorithme de MaxSea Time Zero a été faite sur la base des indications de Michel Desjoyeaux.. La polaire de vagues (fichier de polaires Wave) est un fichier de coefficients correcteurs établi sur des données relevant de l’expérience de Desjoyeaux, ce qui réduit un peu le caractère subjectif de la prise en compte de l’état de la mer. Cela reste en effet le point faible des logiciels de routage même si des progrès considérables ont été réalisés par Tactique puis MaxSea Time Zero.

 

 

Voici un exemple de pondération utilisée par l’algorithme d’une polaire de vagues (fichier de polaires Wave). Un cas extrême puisqu’il s’agit ici d’une hauteur moyenne de vagues de… 15 mètres ! En ordonnée (dans la colonne verte), l’angle de la mer par rapport au cap (de 0 à 180°), en abscisse (sur la ligne bleue) la période des vagues en secondes et dans les cases grises le coefficient correcteur utilisé pour le calcul de la polaire de vagues (exemple : la polaire n’est qu’à 80 % pour des vagues à 90° d’une période de 5 secondes). Ces spécifications ont été fournies par Michel Desjoyeaux à MaxSea et sont établies sur sa propre expérience, ce qui réduit un peu le caractère subjectif de la prise en compte de l’état de la mer (© MaxSea).

 

 

Il n’y a pas d’autre alarme dans MaxSea Time Zero que celle de l’écart de route, contrairement à Tactique. Par rapport à celui-ci, MaxSea Time Zero ne dispose d’aucune des aides tactiques (les fonctions basiques du module Performance seront intégrées dans la version 1.6) et il s’avère beaucoup moins performant quant à l’affichage des routages multiples et au fait de les rejouer. Même si ce sont de réels atouts, le moins qu’on puisse dire est que cela ne semble pas vraiment handicaper Michel Desjoyeaux…

 

L’indice de confiance est une autre nouveauté introduite dans l’algorithme de MaxSea Time Zero à la demande de « Mich’ Desj’ », là aussi sur la base de ses observations. Lorsque le routage affiche des changements importants de la direction et de la force du vent, le pourcentage de confiance (100 % lorsque le vent prévu est stable en direction et en force) descend au-dessous de 80 % et signale ainsi des transitions météo (une dorsale par exemple avec sa baisse de gradient de pression donc de vent) qui nécessitent de la part du skipper une expertise supplémentaire des prévisions, du routage et de ses fichiers sources.

 

 

L’indice de confiance est symbolisé sur le même arbre de routage par une densité plus ou moins forte du noir. Les zones noires correspondent aux transitions météo. Un noir très dense correspond à un indice de confiance < 70 % et il faut donc le traverser au plus court après une analyse affinée du routage qu’on a relancé entre-temps sur des critères modifiés tant sur les sources que sur les paramètres. A contrario, les zones claires indiquent les « couloirs » où les conditions météo sont plus stables selon les prévisions (© MaxSea). 

 

 

C’est à mon avis – avec la représentation du SailSet sur la route – l’autre grand point fort du programme qu’utilise Michel Desjoyeaux. Comme depuis le début de la course, cela lui sert vraisemblablement beaucoup dans les transitions actuelles et passées de l’Atlantique Sud (« J’ai regardé, hier, un fichier de vent pour 10 à 15 jours, mais vu le bazar que c’était j’ai refermé le bouquin. C’est tellement instable que rien n’est prévisible, on verra sur zone » le reste à voir ici).

 

MaxSea Time Zero ne permet pas de lancer le routage simultané de concurrents : le premier calcul de chacun des routages se fait l’un après l’autre mais la visualisation peut ensuite se faire par l’animation (une barre d’outils est dédiée à cette fonction Replay, avec les commandes Play, Pause, etc.) plus ergonomique qu’avant (le progrès par rapport à MaxSea 12 est que cette animation se fait désormais sans sortir de MaxSea Time Zero tandis qu’il fallait auparavant créer un fichier vidéo AVI que l’on rejouait au-dehors de MaxSea 12).

 

 

Par rapport à l’image précédente, l’affichage superposé de l’indice de confiance et du SailSet permet de voir encore plus clairement les transitions (telles que les dorsales) sur le routage (© MaxSea).

 

 

De même, il est actuellement impossible de rejouer les routages ensemble. On ne peut que les visualiser successivement à partir des routages enregistrés dans la base de données (la sauvegarde est possible pour chaque routage). Leur visualisation synoptique ne sera effective qu’à partir de MaxSea Time Zero 1.6 C’est un double point faible par rapport à Tactique qui a donc pour l’instant, en ce domaine aussi, une longueur d’avance avec des fonctions beaucoup plus performantes (voir « L’arme fatale 3 »). Cela dit, Michel Desjoyeaux bénéficie déjà avec sa version de MaxSea Time Zero d’un calcul beaucoup plus rapide, celui-ci étant possible au-delà des échéances des fichiers Grib (affichage en couleurs atténuées) et de diverses autres améliorations comme le passage au waypoint ou en le laissant sur un bord (cela existe aussi dans Tactique et c’est très pratique par exemple pour les portes des glaces dans le Sud).

 

MaxSea n’a jamais permis de créer des polaires, il n’est pas conçu pour cela. Jusqu’à MaxSea 12, il était néanmoins possible d’optimiser en navigation une polaire créée ailleurs (avec Aquilon ou Optima : voir « L’arme fatale 2 »). Ce n’est plus le cas avec MaxSea Time Zero pour l’instant mais cela devrait l’être prochainement d’autant plus que le format des fichiers des polaires est désormais du XML qui permet des modifications sous nombre d’applications à commencer par Excel (ainsi Mer agitée a pu fournir à MaxSea des macros qui génèrent du format XML : Boris Rohou a développé le routage et la performance de MaxSea Time Zero chez MaxSea et il a été l’interlocuteur de Mer agitée à ce titre). La version commerciale de MaxSea Time Zero 1.5 récupère ces macros mais l’intégration changera et dans les versions ultérieures de MaxSea Time Zero, les modifications de polaires seront possibles manuellement dans MaxSea directement.

 

 

Les isochrones (lignes jaunes joignant tous les points pouvant être atteints en un temps donné par les différentes routes en noir, la route optimale étant en rouge) sont ici ajoutées à l’affichage superposé de l’indice de confiance et du SailSet, par rapport aux images précédentes (© MaxSea).

 

 

MaxSea Time Zero 1.6 sortira normalement en mars et intégrera dans sa version Pro la plupart des évolutions évoquées dans ce billet, c’est-à-dire toutes les fonctions développées pour Michel Desjoyeaux dans sa version MaxSea Time Zero 1.5 personnalisée (la version standard de MaxSea Time Zero 1.6 ayant quand même les concepts de base comme les trois polaires, Wind, Wave et SailSet). On trouvera aussi dans la version Pro d’autres fonctions déjà présentes dans Tactique (le marquage est très serré à la bouée entre les deux champions du logiciel de compétition…), telles que la modification des fichiers Grib, la visualisation des polaires, ou comme je l’ai évoqué ci-dessus, l’animation multi-routages et l’étude de routages alternatifs.

 

Afin de bénéficier d’une version réellement personnalisée et unique – avec l’assurance d’en avoir l’usage exclusif jusqu’à l’arrivée du Vendée Globe – Michel Desjoyeaux a fourni à MaxSea les polaires de Foncia (la polaire Wind : voir ci-dessus) ainsi que tous les coefficients correcteurs liés à l’état de la mer pour tous les angles de houle, de dix degrés en dix degrés et pour chaque période, basés sur sa propre expérience et avec lesquels Boris Rohou a dégradé les polaires de Foncia afin d’en définir la polaire de vagues (la polaire Wave : voir ci-dessus). De même pour les combinaisons de voilure testées et validées à l’entraînement et en course avant le Vendée Globe.

 

 

Le tableau de routage reprend tous les paramètres classiques du routage plus les paramètres avancés qui ont été évoqués avec les images précédentes. Pour chaque ligne correspondant à une échéance, dans le zoom et de gauche à droite, on trouve l’indice de confiance en pourcentage, la hauteur moyenne des vagues, la direction de la mer, sa période, et la combinaison de voilure prévue (© MaxSea). 

 

 

Ainsi, l’utilisation de MaxSea Time Zero est immédiatement opérationnelle pour Desjoyeaux, lui demandant très peu de « bricolage » à bord même s’il a la possibilité de modifier ses polaires de vent et de vagues avec les macros dans Excel (voir ci-dessus), en stockant tous ses fichiers de polaires sous des noms explicites afin de les appeler en fonction des besoins du moment ce qui permet un travail très fin. Tout en laissant le temps à Desjoyeaux d’envoyer des méls à terre comme on ne l’avait jamais vu faire auparavant… Sans doute exaspérant pour certains, génial pour d’autres et vraisemblablement énervant pour ses concurrents !

 

Michel Desjoyeaux est le marin le plus titré de l’histoire du solitaire en course au large. Cela dépasse toutes les armes – fussent elles fatales – et nécessite beaucoup de talent (dont il n’a évidemment pas le monopole). Celui-ci commence par la bonne définition de ses besoins et la préparation adéquate de ses outils…

 

O.C.