La première alerte rouge déclenchée par Météo-France depuis la création de la carte de vigilance en octobre 2001 (première alerte rouge concernant le vent) – conséquence des deux tempêtes de décembre 1999 – était donc parfaitement justifiée et ajustée, dans le temps et dans l’espace, comme l’ont montré les événements de ce week-end sur le Sud-Ouest de la France, entre Gironde et Pays-Basque et jusqu’aux côtes méditerranéennes du Languedoc-Roussillon. Même si il n’avait peut-être pas été pleinement envisagé que l’intensité de l’ouragan se maintiendrait avec autant de force jusqu’à la Grande bleue.

 

 

Au plus fort du passage de la tempête le samedi 24 janvier à 8 heures, le site Internet de Météo-France affichait 9 départements en vigilance rouge (© Météo-France).

 

 

La carte de vigilance ne concerne pas directement le maritime puisque celui-ci dispose depuis plus longtemps de son propre système d’alerte avec les BMS. Un Bulletin météorologique spécial (BMS) est diffusé dès que le vent observé (ou prévu) dépasse (ou atteint) force 7 (BMS Côte) ou force 8 (BMS Large et BMS Grand large).

 

 

 Le BMS Côte entre la Charente-Maritime et la frontière espagnole du vendredi 23 janvier à 11h46 était clair (© Météo-France). 

 

 

Cependant, il importe de souligner ici que la prévision et la diffusion de l’information ont bien fonctionné. Certes les rafales ont en réalité atteint 93 noeuds le samedi matin sur la côte atlantique, au lieu des 75 noeuds annoncés le vendredi midi (mais elles étaient bien prévues à 90 noeuds dans les BMS suivants). En termes de précautions à prendre cela ne changeait plus grand chose quant à la nécessité de multiplier les sécurités exceptionnelles d’amarrage sur l’eau ou à terre alors que Météo-France communiquait déjà clairement vendredi après-midi sur le fait que la tempête allait avoir la force de celles de décembre 1999.

 

La carte preiso du vendredi 23 janvier, sur la base du réseau de 00h00 UTC, montrait ainsi la dépression très localisée dans le golfe de Gascogne. Elle était clairement confirmée sur l’analyse en surface de la NOAA du samedi 24 janvier à 06h00 UTC soulignant qu’elle s’était creusée à 966 hPa et qu’elle était très ramassée géographiquement, avec un gradient de pression très élevé, déjà dotée de son qualificatif d’ouragan (« Hurricane Force » : force d’ouragan).

 

 

La carte preiso du vendredi 23 janvier, sur la base du réseau de 00h00 UTC, montrait la dépression très localisée se creusant dans le golfe de Gascogne (© Météo-France).

 

 

En météo marine, l’ouragan désigne tout vent supérieur à 64 noeuds, c’est-à-dire atteignant la force 12 Beaufort. En dehors des zones tropicales et subtropicales, comme dans notre pays (en métropole), le mot ouragan est couramment employé pour désigner une tempête très violente, à l’instar des cataclysmes de décembre 1999.

 

 

Même si un modèle numérique de prévision – ici celui à maille fine de Météo-France disponible via Navimail – sous-estime grandement le phénomène (pour un ouragan, cette sous-estimation peut fréquemment être de 100 % voire beaucoup plus), l’annonce sur la base de 00h00 UTC le samedi 24 janvier à 10h00 d’un vent moyen de 51,24 noeuds et d’une mer totale de 10 mètres fait déjà froid dans le dos (© MaxSea/Mapmedia/SHOM/Météo-France/Navimail/Olivier Chapuis).

 

 

Désormais, c’est aussi le cas avec l’ouragan du 24 janvier 2009. Le service météo officiel allemand, le Deutscher Wetterdienst, l’a baptisé Klaus.

 

O.C.