L’Union Jack est devenu un vulgaire pavillon de complaisance. Plus il y a de pauvres brandissant leurs pancartes à Victoria Station pour vendre leurs bras, plus la City arme de gros sabots à moteur, auxquels je me refuse d’accoler le mot yacht, so british ou pas. Immatriculés à Londres, on les croise toujours plus nombreux, l’été en Méditerranée, l’hiver sous les tropiques.

 

Leurs lignes agressives le disputent à des noms ridicules dont ils n’ont certes pas le monopole (pour une fois qu’ils n’ont pas le monopole de quelque chose, concédons leur) mais qui affichent sans vergogne la juteuse activité de leur armateur : marchand d’armes, spéculateur sur le blé (l’oseille bien sûr mais aussi la céréale), banquier d’affaires, producteur de films porno, que sais-je encore (il n’y a qu’à lire, c’est écrit sur la boîte).

 

 

 

 Les très gros bateaux à moteur sont de plus en plus nombreux en Méditerranée où le pavillon britannique est de loin le plus représenté dans cette catégorie des milliardaires, City londonienne oblige. (© Olivier Chapuis)

 

 

Au mouillage, ces immondes palaces laissent tourner leur radar vingt-quatre heures sur vingt-quatre, des fois qu’approcherait un pauvre n’ayant pas la carte (marine… bien entendu). Un hélico, des annexes plus grandes que votre voilier et une théorie de jet-skis complètent l’armada (la jet-set aime le bruit).

 

Et qu’il ne vous arrive pas une fortune de mer à portée de la leur, de fortune. Car ces gens là n’ont en guise de « marins » que des employés en chaussettes blanches qui ne lèveront pas le petit doigt pour vous venir en aide. Il y a longtemps que la sécurité de leur big boss a aboli toute forme de solidarité, maritime ou terrestre. Les fonds de pension ne toucheront donc jamais le fond ?

 

O.C.