Il a peut-être vu le monstre dans la gueule duquel il allait se jeter ? Actuellement dans le Sud-Ouest de l’Irlande – très au-dessus de l’orthodromie entre Saint-Malo et Pointe-à-Pitre… – le Bulgare Dimitar Topalov, concurrent de la Class 40 qui ferme la marche de la Route du Rhum, était encore cap au 300 en début de matinée de ce vendredi 5 novembre. Quatre heures plus tard, il avait viré tribord amures.

 

 

 

Sur la base du réseau du 4 novembre à 12h00 UTC, la prévision américaine à 96 heures, pour le lundi 8 novembre à 12h00 UTC, prévoit sur l’Irlande une dépression à 953 hPa, qualifiée « Hurricane Force » c’est-à-dire de la force d’un ouragan. (© NOAA)

 

 

Bien lui en a pris. Car la dépression qui arrive sur l’Europe, lundi 8 novembre, s’annonce dévastatrice – en tout cas au large entre l’Ouest de l’Irlande et le Nord-Ouest de l’Espagne – comme le montre notre Photo à la hune (je la reprends ci-dessus, cadrée sur le phénomène).

 

 

 

Ce vendredi 5 novembre à 07h40 (heure française), Dimitar Topalov est encore en route fond au 301. À 8,9 noeuds, il se jette dans la gueule du monstre… (© Route du Rhum/La Banque Postale)

 

 

Cette prévision en surface de la National Oceanic and Atmospheric Administration – à quatre jours (donc à prendre au conditionnel même s’il y a convergence avec les modèles numériques de prévision européens) sur la base du réseau du jeudi 4 novembre à 12h00 UTC, pour le lundi 8 novembre à 12h00 UTC – montre une dépression sur l’Irlande creusée à 953 hPa, assez ramassée géographiquement, avec un gradient de pression très élevé, déjà dotée de son qualificatif d’ouragan (« Hurricane Force ») par le prévisionniste américain de la NOAA.

 

 

 

Ce vendredi 5 novembre à 11h40 (heure française), Dimitar Topalov a viré au 250 à 6,8 noeuds. Mais à 15h40, sa vitesse fond n’est que de 3,8 noeuds. Il faut qu’il dégage de cette zone ! (© Route du Rhum/La Banque Postale)

 

 

En météo marine, l’ouragan désigne tout vent moyen supérieur à 64 noeuds, c’est-à-dire atteignant la force 12 Beaufort. En dehors des zones tropicales et subtropicales, comme dans notre pays (en métropole), le mot ouragan est couramment employé pour désigner une tempête très violente, à l’instar des cataclysmes de décembre 1999 (alors que Xynthia a surtout frappé par la conjonction avec une grande marée haute).

 

 

 

Pour le lundi 8 novembre à 12h00 UTC, par 52° 30’ N et 17° 30’ W (point cliqué pour afficher les données dans l’étiquette en haut à droite), le modèle Arpège de Météo-France, sur la base du réseau de ce vendredi 5 novembre à 00h00 UTC, prévoit un vent moyen soufflant du 334°, à 54 noeuds avec des rafales à 81 noeuds. Rappelons qu’un modèle numérique de prévision sous-estime généralement le vent moyen, parfois dans des proportions importantes… (© Météo-France/Navimail/Olivier Chapuis) 

 

 

Les isobares étant particulièrement comprimées, sur le flanc Ouest de la dépression, par l’anticyclone et sa dorsale qui devraient gonfler au Nord des Açores, c’est peut-être la péninsule ibérique et l’ouvert du golfe de Gascogne qui devraient être les plus violemment frappés, d’autant plus que la perturbation pourrait avoir une trajectoire plus Sud que Est.

 

 

 

Pour le lundi 8 novembre à 12h00 UTC, autour de 52° N et 18° W (point cliqué pour afficher les données dans l’étiquette en haut à droite), le modèle Arpège Vagues de Météo-France, sur la base du réseau de ce vendredi 5 novembre à 00h00 UTC, prévoit une mer totale moyenne de 15,90 mètres avec des creux pouvant atteindre… 30 mètres ! Avec une période moyenne, très brève, de 16,8 secondes. (© Météo-France/Navimail/Olivier Chapuis)

 

 

Enfin, alors que les Haïtiens subissent à partir de ce vendredi 5 novembre le cyclone Tomas – à ciel ouvert puisqu’ils n’ont plus de toit depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010 – c’est aussi l’activité tropicale qui doit être surveillée de l’autre côté de l’Atlantique. Certaines arrivées du Rhum pourraient être mouvementées…

 

O.C.