Mener un grand voilier école n’est pas une sinécure. Oh, cela n’a plus rien à voir avec la dure vie des cap-horniers d’antan. Mais entre deux rassemblements internationaux, le quotidien n’est pas plus celui que l’on nous montre lors des fêtes de Douarnenez, de Brest ou de Rouen. D’Allemagne, parviennent ces jours-ci des informations qui nous le confirment.

 

 

 

Le Gorch Fock est un vrai voilier, très physique dans la brise, comme le montre cette image. (© Peter Walter) 

 

 

L’affaire du trois-mâts barque Gorch Fock dévoile un nouvel envers des perroquets et autres cacatois. En novembre dernier, pour la sixième fois en cinquante-deux ans, un marin s’est tué à bord de ce bâtiment de près de quatre-vingt-dix mètres de long et deux mille mètres carrés de voilure, lancé en 1958 pour l’instruction des cadres de la Marine militaire.

 

 

 

Ici dans les glaces de l’Arctique, le Gorch Fock sillonne le globe depuis plus de cinquante-deux ans. (© DR)

 

 

Lors de l’escale de Salvador de Bahia, au Brésil, cette jeune femme, élève officier, est tombée de la mâture. Sa condition physique ne semblait pas lui permettre d’exécuter l’ordre reçu. Depuis l’accident, les langues se délient et l’ambiance est à la mutinerie, sinon dans l’équipage du moins parmi les cadets qu’il forme. Ces derniers ont été rapatriés d’urgence en Allemagne.

 

 

 

Le Gorch Fock devrait retrouver son quai de Stralsund. Il n’est pas sûr qu’il en reparte… (© Thomas Szuecs)

 

 

À Berlin, le ministère de la Défense doit désormais faire face à de graves accusations sur des mauvais traitements à bord, des abus sexuels ayant même été dénoncés. Alors que le Gorch Fock est actuellement à Ushuaïa en Argentine, son pacha vient d’être relevé de son commandement, une enquête ouverte et des inspecteurs expédiés sur le voilier qui doit rallier au plus vite sa base de la Baltique (le navire est immatriculé à Stralsund, près de Rostock). Il n’est pas sûr qu’il en reparte un jour…

 

O.C.