Adrian est le premier de la saison. Au moins pour le Pacifique Nord. Les cyclones reviennent dans notre hémisphère. Le National Hurricane Center de la National Oceanic and Atmospheric Administration entame ainsi son alphabet annuel (ce centre de la NOAA des États-Unis est spécialisé dans la veille cyclonique).

 

 

 

 

Le jeudi 9 juin 2011 à 07h32 PDT (Pacific Daylight Time, heure de Los Angeles), soit 14h32 UTC ou 16h32 heure de Paris, le cyclone Adrian – premier de la saison dans la zone orientale du Pacifique Nord -, était par 14° N et 104° W, au large du Mexique. (© NOAA)

 

 

Signe des temps, le cyclone ne se contente plus de rugir… il gazouille. Depuis le 1er juin, jour de l’ouverture officielle de la saison cyclonique en Atlantique Nord, la NOAA propose le suivi en temps réel des cyclones tropicaux sur Twitter. Avec deux comptes distincts, l’un pour l’Atlantique (essentiellement les Antilles et le golfe du Mexique) et l’autre pour le Nord-Est du Pacifique.

 

Même si aucune tempête tropicale n’est encore signalée ce jeudi 9 juin au soir dans l’Atlantique Nord, cela ne devrait pas tarder. Comme l’indique l’une des bouées du National Data Buoy Center, l’eau de surface est à 80.4 degrés Fahrenheit (soit 26,89 °C) au Sud du Cap Vert, pas très loin de la zone de convergence intertropicale (ZCIT) ou Pot-au-Noir.

 

 

 

Pour les cinq prochains jours, à compter de ce jeudi 9 juin 2011 au soir, cette carte trace la trajectoire prévue pour le cyclone Adrian. Ses caractéristiques du moment figurent au-dessous de la carte. (© NOAA)

 

 

Encore un petit réchauffement et le phénomène devrait démarrer. On considère généralement qu’il faut une eau à 27 °C pour réchauffer les couches d’air supérieures, par des ascendances très actives. C’est ce qui se produit dans la partie orientale de l’océan Atlantique subéquatorial. Cependant, si une inversion de température survient, elle empêche la formation des cumulonimbus à fort développement vertical. La chaleur se concentre alors dans les basses couches, jusqu’au moment où l’énergie accumulée est assez forte pour que l’ascendance perce la couche stable.

 

Il en résulte une baisse de pression importante dans la colonne nuageuse. Le fort gradient de pression génère un déplacement d’air, de plus en plus rapide le long de la dépression. Cet air est dévié par la force de Coriolis, vers la droite dans l’hémisphère Nord. Un tourbillon est né sous la colonne nuageuse ascendante.

 

 

 

Le suivi satellitaire du cyclone est un outil essentiel. (© NOAA)

 

 

À cause de la vitesse croissante du vent, due au gradient de pression (d’origine thermique), une très grande force centrifuge apparaît. Elle ne peut être compensée que par une forte baisse de pression, d’origine dynamique, dans la colonne centrale. Les particules d’air s’y affaissent, réchauffant l’air sur toute sa hauteur. Le ciel est y est limpide. L’oeil du cyclone est formé.

 

La dépression s’accélère alors vers l’Est de l’Atlantique, la mer des Antilles ou le golfe du Mexique. Parfois, elle revient ensuite vers l’Europe jusqu’aux latitudes tempérées. Quoi qu’il en soit, jusqu’à l’automne au moins, le gazouillis ne devrait plus cesser.

 

O.C.

 

 

En Atlantique, à la bouée NOAA 13001, par 11°46’ N et 23° 00’ W, l’eau est à 80.4 degrés Fahrenheit soit quasiment les 27 °C fatidiques… L’une des conditions pour la formation d’un cyclone. (© NOAA)