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Monthly Archives: décembre 2011

Le plombier polonais

Par

 

Il tente la dernière chose n’ayant pas encore été faite en voile. Le tour du monde en solitaire, sans escale, par les trois caps et les hautes latitudes, d’Est en Ouest contre les vents et les courants dominants… en multicoque ! Le Polonais Roman Paszke (60 ans) est parti de Las Palmas, aux Canaries (je reviendrai sur ce choix), le 14 décembre 2011 à 14h09 UTC (ce 22 décembre, il a franchi l’équateur au large de la corne du Brésil, sa position courante est à voir ici). Il porte ainsi un sacré coup à quelques ambitions françaises largement claironnées (je vais également y revenir).

 

 

À 60 ans, Roman Paszke est dans la voile de compétition depuis 1987, surtout en mer Baltique entre Pologne et Allemagne, même s’il n’est internationalement connu que depuis The Race en 2000-2001. (© DR)

 

 

Paszke est donc seul à bord de son catamaran Gemini 3 d’une longueur de 27,43 mètres, large de 14 mètres avec un mât culminant à 33 mètres pour une surface de 39 mètres carrés. Ce plan Kare Ljung a été lancé en janvier 2007, sous le nom de Bioton, par le chantier suédois Marstrom qui l’a construit en carbone/Nomex. Sa surface de voilure maxi au près est de 419 mètres carrés (458 mètres carrés avec le mât) pour un déplacement annoncé par son site officiel de 9,8 tonnes…

 

En réalité, celui-ci est sans aucun doute bien supérieur puisque cela donnerait 46,73 mètres carrés/tonne, contre 30,94 mètres carrés/tonne à Groupama 3 (31,50 mètres) et 31,30 mètres carrés/tonne à Banque populaire V (40 mètres), il est vrai en configuration Trophée Jules Verne avec leurs équipages et les vivres à bord. Cela dit, si les lignes de Gemini 3 sont assez datées, la construction semble soignée et l’équipement est de qualité.

 

Cependant, conçu à l’origine pour s’attaquer au record d’Ellen MacArthur dans le “ bon sens ” (d’Ouest en Est) dont la moyenne n’était pas très difficile à battre, le bateau n’a encore rien réalisé de sérieux. Une tentative solo sur la Route de la Découverte s’est ainsi interrompue prématurément. Même si le cata a ensuite traversé l’Atlantique en équipage dans les deux sens, le vrai banc d’essai va commencer prochainement dans les parages du cap Horn…

 

 

Lancé en janvier 2007, Gemini 3 n’a pas encore fait ses preuves dans des conditions extrêmes. Le verdict va tomber d’ici peu lorsqu’il s’agira de doubler le cap Horn vers l’Ouest, ce que des multicoques n’ont fait pour l’instant que dans le cadre du record New York / San Francisco. Et cela s’est souvent très mal passé… (© DR)

 

 

Marin reconnu en Pologne comme en Baltique, où il a beaucoup régaté depuis 1987 lorsque ce natif de Gdansk a pu relancer la course au large polonaise, au moment même du boom du mouvement Solidarité, le bonhomme a quant à lui de l’expérience. Il a notamment couru The Race en 2000-2001, comme skipper de Warta Polpharma, l’ex-Commodore-Explorer de Bruno Peyron, premier bateau à avoir enlevé le Trophée Jules Verne, dont il a d’ailleurs récupéré le mât carbone sur Gemini 3.

 

L’objectif officieux de Roman Paszke serait d’établir un temps en moins de cent jours. L’officiel est d’abord d’arriver et de battre ainsi l’actuel record en solitaire d’Est en Ouest en monocoque. Depuis mars 2004, celui-ci appartient à Jean-Luc Van den Heede sur Adrien (25,80 mètres), en 122 jours, 14 heures, 3 minutes et 49 secondes. Soit 7,40 noeuds sur 21 760 milles (et non 7,43 noeuds comme le dit le WSSRC)… ce qui est théoriquement une toute petite moyenne pour le grand multicoque de Roman Paszke. Pour mémoire, dans l’autre sens d’Ouest en Est, le record du tour du monde en solitaire établi le 20 janvier 2008, par Francis Joyon, en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes, affiche une moyenne de 15,75 noeuds sur 21 760 milles.

 

 

Gemini 3 est très bien équipé et Roman Paszke navigue à son bord depuis cinq ans même s’il n’a encore rien réalisé d’important en course ou en record. Conçu pour le record d’Ouest en Est, tout s’est écroulé en janvier 2008 lorsque Francis Joyon a placé la barre beaucoup trop haute pour ce catamaran… (© DR)

 

 

La plupart des prédécesseurs de Paszke ont utilisé comme ligne de départ et d’arrivée celle reliant Ouessant au cap Lizard. Alors me direz vous, comment se fait-il qu’il soit parti de Gran Canaria ? C’est d’autant plus curieux qu’il était à Lorient pour sa préparation. Et qu’il sera peut-être plus compliqué de revenir aux Canaries contre l’alizé que de faire la cuiller vers l’entrée de la Manche, autrement dit la Volta des anciens autour de l’anticyclone des Açores.

 

Ce choix a néanmoins été validé par le World Speed Sailing Record Council (WSSRC), l’organisme affilié à l’ISAF qui définit les règles et enregistre les records à la voile. Le tour du monde n’est rien d’autre qu’un tour de l’Antarctique par les trois caps (Bonne-Espérance, Leeuwin et Horn ou dans l’autre sens dans le cas qui nous concerne ici), commençant et finissant dans l’hémisphère Nord (en Atlantique Nord ici). Pour la distance théorique d’une telle circumnavigation, le WSSRC retient 21 760 milles en équipage et… 21 769 milles en solitaire (comme je l’avais déjà souligné, il est vraisemblable que le WSSRC commette ici une petite erreur, probablement une coquille). Quoi qu’il en soit, cette distance de 21 760 milles correspond à la route géographique la plus courte, route théorique qui est construite à partir de segments d’orthodromie, tout en tenant compte des détours obligatoires pour parer les dangers.

 

 

S’il a du volume dans l’avant des flotteurs, les lignes de Gemini 3 n’en sont pas moins assez datées, Roman Paszke ayant logiquement utilisé l’expérience acquise à bord de l’ancien catamaran de Bruno Peyron qui avait accroché le premier Trophée Jules Verne. (© DR)

 

 

En réalité, pour être encore plus précis, la règle du WSSRC définit un tour du monde coupant au minimum une fois toutes les longitudes (mais interdisant de faire deux fois le tour de l’Antarctique) et cumulant un minimum de 21 600 milles, en orthodromie (arc de grand cercle) sur une “ sphère parfaite ”. Mais, cela impliquerait un tour de l’Antarctique par… 63° Sud, ce qui n’est évidemment pas réaliste (ce sont néanmoins ces 21 600 milles de la distance plancher qui sont utilisés comme distance au but dans les calculs du programme informatique Géovoile qu’emploient la plupart des suivis de record en France, comme celui du Trophée Jules Verne en cours). Aussi, la règle WSSRC prévoit-elle qu’un “ navire prenant le départ d’un point où la distance orthodromique la plus courte est insuffisante [pour atteindre ces 21 600 milles], doit laisser une seule île ou un seul autre point fixe d’un côté requis, de façon à allonger son parcours orthodromique, pour satisfaire le minimum de distance [de 21 600 milles] ”.

 

Afin de parcourir effectivement une distance théorique de 21 600 milles (étant entendu que sa route fond sera beaucoup plus importante et sa route surface encore plus considérable) et compte tenu de son départ et de son arrivée à Gran Canaria, le WSSRC demande donc à Roman Paszke de laisser à bâbord l’île Raoul, dans l’archipel des Kermadec. En allant ainsi contourner la Nouvelle-Zélande par le Nord (les Kermadec sont au Nord-Est de celle-ci), dans un coin d’ailleurs plutôt mal pavé, il va assez longuement se priver de la possibilité de franchir les dépressions par le Sud, sur l’orthodromie, avec les glaces il est vrai. Il va aussi prendre le risque de rencontrer des systèmes météo compliqués et violents, notamment en mer de Tasman lorsqu’il redescendra du Nord de la Nouvelle-Zélande vers la Tasmanie.

 

 

L’île Raoul (cercle rouge) est à laisser à bâbord et cela oblige à monter juste au-dessus de 30° Sud. Cela pourrait être problématique non seulement par rapport à la circulation moyenne des centres de pression mais aussi vis-à-vis d’une situation atypique, comme celle rencontrée lors de la Barcelona World Race en 2010-2011, qui permettrait de faire route au portant dans les Quarantièmes… vers l’Ouest ! (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

Une fois de plus, la voile contemporaine rejoint un passé prestigieux puisque ce chapelet d’îles porte le nom de Jean-Michel Huon de Kermadec (1748-1793), capitaine de vaisseau commandant l’Espérance dans l’expédition d’Entrecasteaux (1791-1793) à la recherche de Lapérouse, dont je raconte en détail la navigation et les travaux cartographiques dans mon livre À la mer comme au ciel. Quant à l’île Raoul, la plus septentrionale de l’archipel, elle est baptisée par la même expédition, à la mi-mars 1793.

 

Son nom provient de Joseph-François Raoul (1766-1816), originaire de Tréguier, chef de timonerie de l’autre bâtiment, la Recherche. Son frère est également à bord, en tant que second pilote. Ange-Marie-Aimé Raoul (1769-1843) fera ensuite une belle carrière d’ingénieur hydrographe (il est notamment l’auteur d’un plan du bassin d’Arcachon dont j’ai déjà parlé dans ce blog). Une nuit à la cape permet aux découvreurs de l’an I d’attendre le jour pour s’approcher de l’île et constater qu’elle n’offre aucun abri. Roman Paszke est prévenu. Ça tombe bien puisqu’il ne doit pas s’arrêter.

 

Pourtant, certains le souhaitent peut-être aussi fort qu’ils rêvent depuis longtemps d’être les premiers à tenter et à réussir le pari de Paszke. À l’instar d’Yvan Bourgnon qui souhaite racheter à cet effet le Geronimo d’Olivier de Kersauson. Ou de Philippe Monnet qui doit regretter d’avoir récemment différé son départ d’une année sur l’ancien trimaran d’Ellen MacArthur, après avoir longtemps espéré partir cet hiver !

 

Car, peu importe que la vitesse de Gemini 3 soit pour l’heure très modeste (11,31 noeuds sur les 1 900 milles parcourus en 7 jours). S’il parvient à être le premier à réaliser ce tour du monde, Roman Paszke entrera dans l’Histoire à ce titre, comme défricheur, quand ses successeurs ne seront que ceux ayant successivement amélioré son record. Tel l’artisan surveillant du coin de l’oeil la concurrence venue de l’Est, les coureurs français ne sont pas loin de penser que Roman leur fait le coup du plombier polonais.

 

O.C.

 

 

Monter jusqu’à l’île Raoul (cercle rouge) obligera Roman Paszke à croiser un trafic plus important et à veiller aux dangers qui débordent la Nouvelle-Zélande…avec le risque de subir une dépression tropicale voire un cyclone ! (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

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Tonton laisse pas béton

Par

 

C’est une famille fort pacifique. Je veux dire océan Pacifique. Le 25 novembre 2011, Uein Buranibwe (53 ans) et Temaei Tontaake (26 ans) ont mis pied à terre, sur l’atoll de Namorik, dans l’archipel des Marshall. À bord de leur barque de pêche, ils avaient dérivé trente-trois jours, depuis leur minuscule île de Marakei, dans l’archipel des Gilbert, 376 milles au Sud-Est (à l’Ouest de l’état du Kiribati, juste au-dessus de l’équateur et à l’Ouest de l’antiméridien et de la ligne de changement de date).

 

 

Dans un état de fraîcheur étonnant, Uein Buranibwe (53 ans) et Temaei Tontaake (26 ans) n’ont pas l’air d’avoir passé trente-trois jours à la dérive, sur une barque sans aucune protection contre le soleil, les grains et les vagues. (© AFP / Giff Johnson)

 

 

On ne l’a appris que le 12 décembre, lors de leur passage dans la capitale des îles Marshall où ils avaient été rapatriés par cargo après dix-sept jours d’attente sur Namorik. Leur périple n’est pas terminé tandis qu’ils attendent pour rentrer chez eux le seul avion gouvernemental, actuellement en maintenance. Le Grand océan porte bien son nom. L’espace et le temps y conservent parfois des valeurs ancestrales.

 

Le 22 octobre, alors qu’ils sont partis acheter du carburant à Tarawa – la très étroite île capitale de l’État du Kiribati se trouve à 15 milles au Sud-Ouest de leur îlot -, la batterie de leur GPS portable se décharge. Ils se perdent dans la nuit, ce qui semblerait indiquer que le sens marin et la capacité millénaire des Océaniens à se diriger en mer suivant les étoiles, la houle et le vent, ne sont plus ce qu’ils étaient.

 

 

Les archipels des Gilbert et des Marshall (le premier est au Sud-Est du second) sont dans l’Ouest du Pacifique, juste au-dessus de l’équateur, loin au Nord-Est de l’Australie et de la Nouvelle-Guinée et juste à l’Ouest de l’antiméridien. (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

Rien n’est moins sûr, car après être tombés en panne d’essence dans cette zone subéquatoriale (par 2° N / 173° E), ils vont survivre avec une santé étonnante, dérivant vers le Nord-Ouest à moins d’un… demi noeud de moyenne. En effet, l’alizé de Sud-Est à Est (Nord-Est au fur et à mesure qu’on monte au-delà de 5° N) est ici très souvent perturbé par la proximité de la zone de convergence intertropicale (ZCIT), autrement dit le Pot-au-Noir. Dans cette partie occidentale du Pacifique, les gros amas convectifs de cumulonimbus peuvent atteindre… 2 000 kilomètres de diamètre (vous avez bien lu : kilomètres) ! Au moins cela résout-il le problème crucial de la soif puisqu’il pleut beaucoup.

 

En théorie du moins, car les naufragés reçoivent hélas peu d’eau du ciel et ils sont parfois contraints de boire de l’eau de mer. Avec leur matériel de pêche resté à bord, ils prennent du poisson (riche en eau également), essentiellement du thon. Ils connaissent aussi des périodes de disette, jusqu’à quatre jours consécutifs. Heureusement, la trajectoire des cyclones est à cette saison de l’autre côté de l’équateur, au Nord-Est de la Nouvelle-Guinée.

 

 

Des îles Gilbert aux îles Marshall, la dérive a couvert 376 milles vers le Nord-Ouest, en 33 jours, à 0,47 noeud de moyenne. (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

Autre coup de chance, le courant de dérive équatoriale qui porte vers l’Ouest bifurque au niveau des îles Gilbert en une branche secondaire partant vers le Nord, avec l’aide de la force de Coriolis. C’est la résultante de ces vents dominants très perturbés et de ce courant qui entraîne les naufragés au Nord-Ouest. Menées les trois premiers jours, les recherches aériennes ne permettent pas de les localiser. Quant aux nombreux gros navires de pêche qu’ils croisent, ils ne les voient pas.

 

Du côté de leur pacifique famille comme d’eux-mêmes, tout espoir n’est pourtant pas perdu. Les égarements en mer font partie du paysage de ces îles noyées en plein océan, battues par un vent fort et une mer dure. Toute barque dont l’unique moteur hors-bord rend l’âme est condamnée à la dérive et il y a eu nombre de cas de survie au préalable. Sans doute est-ce l’atavisme des grands navigateurs océaniens qui leur fait prendre tant de risques puis espérer encore un miracle après des semaines. Parfois, on “ enterre ” les disparus trop tôt. Il y a un an, en novembre 2010, ce fut le cas pour trois adolescents de 14 et 15 ans ayant dérivé cinquante et un jours depuis Atafu jusqu’au large des Fidji, sauvés par un thonier néo-zélandais revenant justement des Kiribati. Peut-être l’un de ces navires usines qui n’ont pas vu les deux naufragés cette fois. Entre mars et juillet 2002, le Tahitien Tavae Raioaoa (56 ans) avait survécu cent dix-huit jours, de Papeete aux îles Cook, à 650 milles.

 

 

La minuscule île de Marakei où vivent les deux naufragés est à 15 milles au Nord-Est de Tarawa, l’île capitale du Kiribati. C’est là qu’ils se rendaient le 22 octobre, pour acheter du carburant, lorsqu’ils se sont perdus dans la nuit après la panne de leur GPS. (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

Lorsqu’ils atterrissent sur l’atoll corallien de Namorik (800 habitants), ils ne parviennent pas à se faire comprendre. Malgré les distances considérables entre les trois archipels composant l’état de Kiribati (dont les Gilbert ne sont que la composante occidentale), sa population parle majoritairement une langue micronésienne, le kiribati, qui appartient au domaine austronésien du groupe malayo-polynésien oriental. Le marshall a beau relever du même groupe et y être étroitement apparenté, Uein et Temaei ne partagent pas le langage des gens qui les recueillent dans cette île de la République des Marshall.

 

S’ils appartiennent aujourd’hui à deux états distincts, les deux archipels sont pourtant liés par l’Histoire, bien avant que Japonais et Américains ne s’y affrontent pendant la Seconde guerre mondiale. Ils ont tous deux été nommés par le grand explorateur russe Ivan Krusenstern (1770-1846), lors de sa circumnavigation (1803-1806). En hommage aux navigateurs britanniques Thomas Gilbert et William Marshall qui les avaient redécouverts en 1788, sans les reconnaître en détail. Lors de son tour du monde de trois ans (1822-1825), Louis-Isidore Duperrey (1786-1865) confirma le nom des Gilbert.

 

 

Le pilot chart de novembre (case du haut au milieu) montre que les vents dominants (rose des vents en bleu), sur les Kiribati du Nord-Ouest, sont d’Est (43 %) et de Sud-Est (32 %). Notez aussi la branche du courant (en vert) qui porte plein Nord vers les îles Marshall, sur le méridien 170° E. Enfin, la note à droite de l’antiméridien 180° précise que les vents et les courants sont très changeants dans toute la zone et que ces valeurs statistiques sont à prendre avec prudence. Ceci explique la moyenne très faible de la dérive qui masque les zigzags effectués bien involontairement par les naufragés. Ceux-ci ne disposaient pas de voile. Une lacune sur ces barques qui devraient toutes embarquer de quoi en gréer une, en cas de panne de moteur ! (© NOAA)

 

 

Je reviens à Namorik le 25 novembre. Une femme est appelée. Elle entend leur langue. Après les premiers secours, ils parlent tant et si bien qu’elle s’avère être cousine du jeune Temaei Tontaake. Descendante de l’oncle de ce dernier, lequel avait vécu la même dérive… cinquante ans auparavant ! On le croyait mort en mer, il était vivant aux Marshall (décédé depuis) où il s’était marié et avait fondé une famille. Tonton n’avait pas laissé béton.

 

O.C.

 

PS. J’avais prévu de vous parler de Roald Amundsen qui a atteint le pôle Sud il y a tout juste cent ans, le 14 décembre 1911. L’équateur a pris le pas sur le pôle. Ce sera pour une autre fois.

 

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