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Monthly Archives: janvier 2012

Gérard en droiture

Par

 

Nous devons tant à cet homme dont on célèbre le cinquième centenaire de la naissance. Grâce à Gérard Mercator – né le 5 mars 1512 à Rupelmonde en Flandre -, nous naviguons en ligne droite sur nos cartes marines. En tout cas, nous essayons…

 

Venu au monde dans ce qui est aujourd’hui la Belgique, Gérard Kremer (le marchand, dont la latinisation donne Mercator) perd très tôt ses parents arrivés d’Allemagne. Il est élevé par son grand-oncle, prénom Gisbert, patronyme Mercator… dont la postérité est ainsi assurée ! En 1530, le neveu entre à la prestigieuse université de Louvain (Pays-Bas) pour des études de philosophie et de cosmographie. Il y est l’élève du jeune astronome et brillant mathématicien Gemma Frisius (1508-1555), l’un des pères de la géodésie et de la triangulation.

 

 

Gérard Mercator (1512-1594), à l’âge de 62 ans, en 1574. Gravé à Duisbourg par Frans Hogenberg, ce portrait figurera en frontispice de la première partie de l’Atlas publiée par ses fils en 1595. (© Collection Olivier Chapuis)

 

 

L’étudiant apprend à travailler le cuivre pour construire les globes terrestres et célestes conçus par Frisius. En 1541 paraît son premier travail personnel, sur lequel il trace (déjà) des loxodromies (j’y reviendrai). Deux ans plus tard, la révolution copernicienne chavire l’enseignement d’Aristote et le géocentrisme de Ptolémée encore très largement majoritaires (en parallèle de ses travaux modernes, Mercator publiera sa propre édition de la Géographie de Ptolémée en 1578).

 

Avec la parution de l’ouvrage de Nicolas Copernic (1473-1543) – De Revolutionibus orbium coelestium (Des révolutions des sphères célestes), imprimé à Nuremberg et dont l’édition est prête quelques jours avant la mort de l’astronome, le 24 mai 1543 -, Mercator voit confirmé cet héliocentrisme dont l’entretient depuis quelques années son maître Frisius. Celui-ci suivait avec passion les travaux de son collègue polonais.

 

C’est le temps des remises en question et l’Église est au coeur du doute. En 1544, Gérard est arrêté pour luthéranisme. Il passera neuf mois en prison et ne devra sa libération qu’à de puissantes protections. Huit ans plus tard, il part pour Duisbourg en Allemagne, avec femme, enfants et tous ses travaux. En 1559, une université y est créée où il enseigne les mathématiques et la cosmographie, mais aussi – d’un point de vue très pratique – la topographie aux futurs géomètres arpenteurs.

 

 

La première oeuvre personnelle que publie Mercator est ce globe terrestre (1541), conservé à Duisbourg, d’un diamètre de 41 cm et d’une circonférence de 129 cm. Gérard y trace des loxodromies. (© DR)

 

 

Mercator publie nombre de cartes mais il passera à la postérité pour deux raisons. D’abord, parce qu’il est le premier à imposer le mot “ atlas ” en tête d’un ouvrage de cartographie. Il en publie les planches en 1585, puis en 1589, année où il annonce le titre d’Atlas pour cette cosmographie dont la publication ne sera achevée qu’un an après sa mort, par ses fils (1595).

 

Il ne s’agit pas du premier atlas moderne du monde, c’est-à-dire constitué de cartes de son époque. Celui-ci est le Theatrum Orbis Terrarum que l’on doit à son ami et concurrent Abraham Ortelius, en 1570. Quant au mot “ atlas ”, référence explicite de Mercator à la légende du titan soutenant le monde, il ne s’imposera vraiment qu’après 1630.

 

La seconde raison, la plus importante, tient au chef-d’oeuvre de Gérard Mercator qui paraît en 1569. Cette carte du monde est intitulée Nova et aucta orbis terrae descriptio ad usum navigantium emendate accomodata (Nouvelle description détaillée et corrigée du monde à l’usage des navigateurs), généralement désignée sous l’abréviation Ad usum navigantium (À l’usage des navigateurs).Si elle n’invente pas le concept de loxodromie que l’on doit au mathématicien et cosmographe portugais Pedro Nunes  (1502-1574), la carte n’en est pas moins révolutionnaire. Publiée cinquante ans tout juste après le départ du premier tour du monde conduit par Magellan, elle est entrée dans l’Histoire comme l’une des plus fondamentales jamais publiées.

 

Gravée sur dix-huit planches de cuivre, cette mappemonde mesure 133 X 203 centimètres lorsque ses dix-huit feuilles sont assemblées. Il n’en subsiste aujourd’hui que quatre tirages originaux, à la Bibliothèque nationale de France (Paris), à Rotterdam (Pays-Bas), à Bâle (Suisse) et à Wroclaw (Pologne).

 

 

Ce planisphère qui mesure 133 X 203 centimètres, lorsque ses 18 feuilles sont assemblées, est la carte fondatrice de la navigation moderne (ici l’un des quatre exemplaires conservés dans le monde, en l’occurrence au magnifique département des Cartes et plans de la Bibliothèque nationale de France, rue de Richelieu à Paris). La projection de Mercator qui en découle reste aujourd’hui utilisée, pour la navigation sur papier comme pour une partie de la navigation électronique. (© Bibliothèque nationale de France)

 

 

La loxodromie (“ rhumb line ” en anglais) – terme dérivé du grec “ loxodromos “, de “ loxos ” (oblique) et “ dromos ” (course) -, désigne une route coupant tous les méridiens sous le même angle. Elle est figurée par une ligne droite sur la carte de Mercator. Conforme, cette projection conserve les angles (au détriment des distances, je vais y revenir). Les routes loxodromiques y sont donc figurées par des lignes droites coupant tous les méridiens sous le même angle : ce sont des routes à cap constant. Cela présente un avantage certain pour porter un relèvement ou pour naviguer d’un point à un autre, notamment à l’estime et tout particulièrement en des temps où celle-ci n’est tenue qu’avec un compas médiocre et un loch artisanal associé à un sablier.

 

En outre, la construction géométrique de ce planisphère – qui passera à la postérité comme la projection de Mercator ou canevas Mercator, avec un certain nombre d’améliorations liées aux progrès du calcul (exemples : les logarithmes au début du XVIIe siècle puis le calcul intégral à la fin de ce même siècle) -, corrige le problème des cartes plates par l’adoption d’une échelle variable.

 

Les cartes plates (telles que les portulans) furent utilisées du Moyen-Âge jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Les minutes de latitude et de longitude y sont toutes affublées de la même valeur alors que ce n’est exact qu’à l’équateur, seul endroit où la terre est pleinement sphérique. Elles ne conviennent donc qu’à la représentation de très faibles portions de la courbure terrestre (en l’occurrence des plans à très grande échelle, au sens cartographique du terme, c’est-à-dire très détaillés). Or, en dehors du centre de la zone figurée, la carte plate ne conserve ni les angles ni les distances.

 

Au contraire, la projection de Mercator est parfaitement adaptée aux besoins de la navigation. La carte Mercator est dite carte réduite parce qu’elle permet la réduction des routes. Elle offre en effet au navigateur le moyen de réduire en route Nord-Sud (latitude) et Est-Ouest (longitude), les éléments de cap et de distance de l’estime, sur un canevas orthogonal de méridiens et de parallèles (leurs cercles étant devenus des droites parallèles entre elles et perpendiculaires aux autres).

 

 

Ad usum navigantium tient à la fois de la carte typique de la fin du Moyen-Âge et de la Renaissance, avec ses décorations, et d’une savante construction géométrique dont témoignent non seulement les rhumbs des roses des vents et du compas (rayonnant depuis celles-ci), mais aussi le canevas de méridiens et de parallèles. Ici dans l’océan Pacifique encore très peu exploré, cinquante ans seulement après le départ de Magellan. (© Bibliothèque nationale de France)

 

 

Fournissant une solution graphique à la loxodromie, la projection de Mercator est une projection cylindrique tangente à l’équateur qui n’en est pas moins géographiquement aberrante puisqu’elle déforme de plus en plus les surfaces, au fur et à mesure qu’on s’éloigne de l’équateur. Sous l’effet de cette dilatation, les pôles sont ainsi artificiellement très étendus en longitude et en latitude.

 

Cette dilatation se traduit par l’allongement de la représentation de la minute de latitude (alors que cette même minute croît également dans la réalité, mais beaucoup moins vite), au fur et à mesure que la latitude augmente, de l’équateur vers les pôles, suivant le principe des latitudes croissantes. L’échelle de la carte augmente donc avec la latitude et elle n’est constante qu’à une latitude donnée. Ainsi, tout en conservant au mille marin sa valeur normalisée (je commets là pour la démonstration une anachronisme car le mille marin n’existe pas à l’époque de Mercator mais c’est un autre sujet), il convient de toujours mesurer la distance en vis-à-vis de la latitude moyenne d’un parcours considéré, sur l’échelle des latitudes.

 

 

Ici dans l’Atlantique Nord, les latitudes croissantes, typiques de la construction de Mercator, sont bien visibles par l’écartement des parallèles qui augmente au fur et à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur vers le pôle. (© Bibliothèque nationale de France)

 

 

Alors que les innovations apportées par les élites mettent du temps à gagner les pratiques, bien que l’information scientifique et géographique circule très vite dans l’Europe du XVIe siècle, la projection de Mercator ne sera véritablement introduite en France que par le Neptune françois en 1693 (un neptune sera désormais le mot désignant un atlas maritime). Cependant, comme je l’ai étudié dans mon livre À la mer comme au ciel, elle ne s’imposera progressivement dans les usages qu’au XVIIIe siècle et elle ne se généralisera qu’au XIXe siècle.

 

Une autre innovation aura alors commencé à intéresser les navigateurs de pointe, d’autant plus que le remplacement progressif de la voile par la vapeur permettra de s’affranchir des contraintes du vent et que les progrès du compas d’une part et de la navigation astronomique d’autre part (avec la droite de hauteur) offriront les moyens de changer de cap régulièrement.

 

L’orthodromie (Great circle en anglais) est la route la plus courte à la surface courbe de la terre (pour son usage au GPS qui la propose par défaut, voir notre cahier Au rappel dans Voiles et voiliers n° 491 de janvier 2012). Sur une carte Mercator, elle est représentée par une courbe, en l’occurrence un arc de grand cercle dans le cas d’un trajet au sein d’un même hémisphère. Sur une carte orthodromique, l’orthodromie est une droite. Si l’on en juge par le succès jamais démenti de la projection de Mercator, cinq siècles plus tard, il n’y a pas de quoi faire perdre sa droiture à Gérard.

 

O.C.

 

 

Entre le Sud de Tenerife aux Canaries et le Sud de la Martinique aux Antilles, la loxodromie (en rouge) impose de suivre un cap vrai au 252° sur 2 592 milles. Grâce à la projection Mercator dont la construction est bien visible sur cette carte électronique scannée (ou raster en anglais), ce cap est constant par rapport aux méridiens verticaux en bleu. Si on veut suivre l’orthodromie (en noir), le cap vrai initial est au 261° et à condition de suivre scrupuleusement la route, on ne couvrira que 2 583 milles… soit 9 milles de moins. Sur une route directe de la pointe bretonne aux Antilles, le gain serait de 45 milles sur 3 400 milles. (© MaxSea / MapMedia / Olivier Chapuis)

 

 

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C’est ballot…

Par

 

Vous souvenez-vous de la trajectoire bizarre de Dimitar ? Il avait failli être pris dans un traquenard lors de la formidable dépression qui avait menacé ce retardataire de la Route du Rhum 2010. Dimitar Topalov, né le 1er novembre 1959 et résidant à Varna en Bulgarie, disputait alors sa première grande course au large. Ce sera vraisemblablement sa dernière… en tout cas avant bien longtemps.

 

 

 

Si l’on en croit la surveillance dont il était l’objet depuis son appareillage en Méditerranée, il semble que Dimitar Topalov n’ait pris le départ de la Route du Rhum 2010 que pour mieux masquer l’objet de sa transat ? (© DR / Route du Rhum)

 

 

Le Bulgare vient d’être condamné à vingt ans de prison pour trafic de drogue. Après son abandon aux Açores, il avait quand même rallié les Antilles, via les Canaries et le Cap Vert. Y avait-il déjà un rendez-vous ou cela s’est-il improvisé sur place ? La première hypothèse paraît l’emporter puisque le bateau était sous la surveillance des Bulgares et des Espagnols depuis son départ de Slovénie vers Saint-Malo.

 

En avril 2011, les Douanes françaises ne laissent pas s’envoler son Class 40 White swallow, l’hirondelle blanche. Blanche comme la demi-tonne de cocaïne qu’avec son compère Plamen Vassilev, Dimitar s’en va réceptionner à Trinidad et Tobago. Ils y ont été recrutés comme mules, à 30 000 euros, pour convoyer en Espagne les 480 kilos de poudre. Dix ballots sont balancés d’un porte-conteneurs vénézuélien, amarrés à des bouées dérivantes qu’ils récupèrent. À leur passage en Martinique, les deux hommes sont arrêtés, faisant l’objet d’une filature filmée depuis leur arrivée aux Caraïbes.

 

 

 

Le Class 40 White swallow devait convoyer une demi-tonne de cocaïne des Antilles vers l’Europe. À 52 ans, son skipper vient d’en prendre pour vingt ans, loin du grand large. (© AFP / Route du Rhum)

 

 

Cela n’a rien à voir mais puisque je vous donne des nouvelles de personnes évoquées sur ce blog, c’est tout aussi ballot pour le plombier polonais, dans sa tentative de premier tour du monde en solitaire, sans escale, par les trois caps et les hautes latitudes, d’Est en Ouest contre les vents et les courants dominants, en multicoque… ouf, il faut presque autant de souffle pour le lire que pour le faire ! :) Après une descente de l’Atlantique assez lente – mais en avance sur VDH, recordman en monocoque -, il s’est fait sérieusement ballotter dans la tempête entre l’Argentine et les Malouines. Le flotteur bâbord de son catamaran a pris l’eau. Contraint à l’abandon, le 6 janvier, Roman Paszke a rallié Ria Gallegos en Patagonie argentine.

 

 

 

Dans la tempête à l’Ouest-Nord-Ouest des Malouines, la trace de Roman Paszke a commencé à ressembler à celles des clippers tentant de doubler le Horn vers l’Ouest. Ce qu’il ne fera pas cette fois, ayant dû rallier la ville argentine de Ria Gallegos, à l’embouchure du fleuve du même nom, en Patagonie. (© http://paszke360.com)

 

 

Enfin, c’est ballot pour les Néo-zélandais puisque le 8 janvier, le porte-conteneurs Rena s’est brisé en deux sur le récif de l’Astrolabe. Les coups de mer des jours précédents en ont eu raison. Les deux parties du navire, toujours échouées sur l’écueil, sont maintenant séparées de plusieurs mètres. L’avant s’est enfoncé, l’arrière a pivoté d’une bonne dizaine de degrés. Parmi ceux qui restaient encore à bord, près de trente conteneurs sont partis à la mer, envolés. Au fait, swallow ça veut aussi dire avaler. Ou gober une histoire. Pour Dimitar – qui avait été consacré marin de l’année 2010 en Bulgarie -, elle a viré au cauchemar.

 

O.C.

 

 

Cela devait arriver mais c’est malheureusement intervenu avant le débarquement de tous les conteneurs. Le Rena vient de se briser en deux. (© Maritime New Zealand)

 

 

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Vous souvenez-vous de la trajectoire bizarre de Dimitar ? Il avait failli être pris dans un traquenard lors de la formidable dépression qui avait menacé ce retardataire de la Route du Rhum 2010. Dimitar Topalov, né le 1er novembre 1959 et résidant à Varna en Bulgarie, disputait alors sa première grande course au large. Ce sera vraisemblablement sa dernière… en tout cas avant bien longtemps. 

Le Bulgare vient d’être condamné à vingt ans de prison pour trafic de drogue. Après son abandon aux Açores, il avait quand même rallié les Antilles, via les Canaries et le Cap Vert. Y avait-il déjà un rendez-vous ou cela s’est-il improvisé sur place ? C’est semble-t-il la première hypothèse qui s’impose puisque le bateau était sous la surveillance des Bulgares et des Espagnols depuis son départ de Slovénie vers Saint-Malo.

En avril 2011, les Douanes françaises ne laissent pas s’envoler son Class 40 White swallow, l’hirondelle blanche. Blanche comme la demi-tonne de cocaïne qu’avec son compère Plamen Vassilev, Dimitar s’en va réceptionner à Trinidad et Tobago. Ils y ont été recrutés comme mules, à 30 000 euros, pour convoyer en Espagne les 480 kilos de poudre. Dix ballots sont balancés d’un porte-conteneurs vénézuélien, accrochés à des bouées dérivantes qu’ils récupèrent. À leur passage en Martinique, les deux hommes sont arrêtés, faisant l’objet d’une filature filmée depuis leur arrivée aux Caraïbes.

Cela n’a rien à voir mais puisque je vous donne des nouvelles de personnes évoquées sur ce blog, c’est tout aussi ballot pour le plombier polonais, dans sa tentative de premier tour du monde en solitaire, sans escale, par les trois caps et les hautes latitudes, d’Est en Ouest contre les vents et les courants dominants, en multicoque… ouf, il faut presque autant de souffle pour le lire que pour le faire ! :) Après une descente de l’Atlantique assez lente – mais en avance sur VDH, recordman en monocoque -, il s’est fait sérieusement ballotter dans la tempête entre l’Argentine et les Malouines. Le flotteur bâbord de son catamaran a pris l’eau. Contraint à l’abandon, le 6 janvier, Roman Paszke a rallié Ria Gallegos en Patagonie argentine.

C’est enfin ballot pour les Néo-zélandais puisque, le 8 janvier, le porte-conteneurs Rena s’est brisé en deux sur le récif de l’Astrolabe. Les coups de mer des jours précédents en ont eu raison. Les deux parties du navire, toujours échouées sur l’écueil, sont maintenant séparées d’une trentaine de mètres. L’avant s’est enfoncé, l’arrière a pivoté d’une bonne dizaine de degrés. Parmi ceux qui restaient encore à bord, près de trente conteneurs sont partis à la mer, envolés. Au fait, swallow ça veut aussi dire avaler. Ou gober une histoire. Pour Dimitar – qui avait été consacré marin de l’année 2010 en Bulgarie -, elle a viré au cauchemar.

O.C.

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Le Bulgare vient d’être condamné à vingt ans de prison pour trafic de drogue. Après son abandon aux Açores, il avait quand même rallié les Antilles, via les Canaries et le Cap Vert. Y avait-il déjà un rendez-vous ou cela s’est-il improvisé sur place ? C’est semble-t-il la première hypothèse qui s’impose puisque le bateau était sous la surveillance des Bulgares et des Espagnols depuis son départ de Slovénie vers Saint-Malo.

En avril 2011, les Douanes françaises ne laissent pas s’envoler son Class 40 White swallow, l’hirondelle blanche. Blanche comme la demi-tonne de cocaïne qu’avec son compère Plamen Vassilev, Dimitar s’en va réceptionner à Trinidad et Tobago. Ils y ont été recrutés comme mules, à 30 000 euros, pour convoyer en Espagne les 480 kilos de poudre. Dix ballots sont balancés d’un porte-conteneurs vénézuélien, accrochés à des bouées dérivantes qu’ils récupèrent. À leur passage en Martinique, les deux hommes sont arrêtés, faisant l’objet d’une filature filmée depuis leur arrivée aux Caraïbes.

Cela n’a rien à voir mais puisque je vous donne des nouvelles de personnes évoquées sur ce blog, c’est tout aussi ballot pour le plombier polonais, dans sa tentative de premier tour du monde en solitaire, sans escale, par les trois caps et les hautes latitudes, d’Est en Ouest contre les vents et les courants dominants, en multicoque… ouf, il faut presque autant de souffle pour le lire que pour le faire ! :) Après une descente de l’Atlantique assez lente – mais en avance sur VDH, recordman en monocoque -, il s’est fait sérieusement ballotter dans la tempête entre l’Argentine et les Malouines. Le flotteur bâbord de son catamaran a pris l’eau. Contraint à l’abandon, le 6 janvier, Roman Paszke a rallié Ria Gallegos en Patagonie argentine.

C’est enfin ballot pour les Néo-zélandais puisque, le 8 janvier, le porte-conteneurs Rena s’est brisé en deux sur le récif de l’Astrolabe. Les coups de mer des jours précédents en ont eu raison. Les deux parties du navire, toujours échouées sur l’écueil, sont maintenant séparées d’une trentaine de mètres. L’avant s’est enfoncé, l’arrière a pivoté d’une bonne dizaine de degrés. Parmi ceux qui restaient encore à bord, près de trente conteneurs sont partis à la mer, envolés. Au fait, swallow ça veut aussi dire avaler. Ou gober une histoire. Pour Dimitar – qui avait été consacré marin de l’année 2010 en Bulgarie -, elle a viré au cauchemar.

O.C.

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