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Monthly Archives: décembre 2013

L’Indien avant Vasco

Par

 

Un océan monde, millénaire et pluriel. D’où le titre du livre majeur que publie Philippe Beaujard chez Armand Colin, Les mondes de l’océan Indien (2 tomes, 65 euros chacun). Il était passé un peu inaperçu il y a un an lors de sa parution. C’est d’autant plus étonnant et injuste qu’il s’agit d’une somme monumentale. Étonnant ? Pas tant que ça, lorsque l’ethnocentrisme a toujours menacé l’Europe, dont notre bonne vieille France.

 

Comme Beaujard l’inscrit en exergue de sa présentation géographique, Fernand Braudel écrit joliment dans Civilisation matérielle, économie et capitalisme (XVème – XVIIIème siècle) (1979) que “ [les moussons] organisent d’elles-mêmes les voyages des voiliers et les rendez-vous des marchands. ” On ne saurait mieux introduire l’exposé du régime des vents et des courants dans ce bassin océanique, si contrasté suivant les saisons (l’avancée du continent asiatique y génère une amplitude beaucoup plus importante de l’oscillation du Pot-au-Noir que dans les autres océans). Même si la reprise préalable des Instructions nautiques de l’Amirauté ou du SHOM n’aurait pas été superflue pour le lecteur.

 

Si l’on met de côté le Pacifique – dont l’extraordinaire navigation aux étoiles et aux éléments est en grande partie perdue, faute d’archives tangibles -, l’océan Indien est fondamental dans l’histoire de la navigation. C’est là que la boussole chinoise pénètre le monde musulman avant même qu’elle ne soit importée en Méditerranée. De même, bien auparavant, pour les instruments de mesure de la hauteur des astres, cette latitude que les pilotes hauturiers de l’Indien – Arabes ou Indiens – font tous varier comme suit dans leurs mesures de caps et distances : celles-ci sont définies à un cap donné pour faire évoluer d’un doigt la latitude (1° 45’).

 

 

Le premier tome (305 X 230 millimètres, 624 pages) couvre rien moins que 4 500 ans d’histoire. Comme le second, il est enrichi de multiples cartes (42 en couleurs pour ce premier volume, 24 pour le suivant), figures, tableaux et chronologies, mais aussi de nombreuses illustrations, pertinentes et soigneusement légendées (40 planches couleurs pour ce premier volume, 56 pour le suivant). (© Armand Colin)

 

 

Beaujard montre que dès le 2ème millénaire avant Jésus-Christ, des routes maritimes côtières sont bien établies en mer Rouge, le long de la péninsule arabique et de la côte orientale d’Afrique, dans le golfe Persique et vers l’Inde, avec de plus hypothétiques contacts en direction de celle-ci depuis les archipels indonésien et philippin. Au 1er millénaire avant notre ère, tandis que les comptoirs grecs s’établissent tout autour de la Méditerranée (aux 8ème et 7ème siècles), c’est un véritable système afro-eurasien qui se met progressivement en place pour émerger à l’ère chrétienne avec une division du travail entre les différentes zones du bassin océanique et des échanges complexes entre celles-ci.

 

Au tournant de notre ère, les routes du large sont bien ouvertes dans l’océan Indien entre l’Asie du Sud-Est et l’Afrique de l’Est, plus ou moins directes selon la saison. Même si elles empruntent surtout des voies maritimes côtières ou terrestres, les migrations de populations (dans un monde qui dépassera à peine les 250 millions d’habitants en l’an 1000) sont déjà si importantes qu’elles génèrent de grandes épidémies, en Chine comme à Rome dès la seconde moitié du IIème siècle, juste avant la récession économique du IIIème siècle (en 100 après JC, Rome compterait un million d’habitants et serait la première ville du monde, la deuxième étant en Chine mais cinq des dix premières dépendant de l’Empire romain).

 

Ces tableaux s’appuient notamment sur toutes les preuves fournies par l’archéologie, l’ethnologie, la démographie, la numismatique, la linguistique, la climatologie, l’agronomie, la botanique et bien d’autres disciplines croisées avec l’histoire et la géographie. Le nombre de concepts envisagés rend l’index analytique fort précieux (l’ouvrage propose pas moins de 92 pages de divers index sur l’ensemble de ses deux volumes), par exemple pour rechercher des informations sur les bateaux utilisés (entrées “ gouvernail ” et “ voile ” notamment).

 

Ainsi, ces navires transocéaniques de l’Asie du Sud-Est qui dès le IIIème siècle peuvent mesurer jusqu’à 60 mètres de long, transporter 700 personnes et 250 à 1 000 tonnes de fret ! Leur coque est faite de planches cousues par des fibres, sans clous (contrairement aux Chinois qui les utilisent) mais avec des chevilles en bois, et calfatées à la résine (Vasco de Gama observera celle-ci au Mozambique en 1498, d’autres Portugais verront ces navires plus tard dans le détroit de Malacca).

 

Depuis la seconde moitié du Ier siècle, les Chinois ont déjà des flottes considérables de bâtiments à plusieurs ponts, coques étanches, voiles lattées et gouvernail central. Des caractéristiques qui évolueront au fil des grands cycles de leur histoire, avec par exemple l’apparition du tissu à voiles vers 900-950, remplaçant les feuilles tressées. Sans oublier bien sûr les multicoques à balancier et autres praos d’Indonésie et d’ailleurs. Au gré de la mousson, les navires chinois du XIIème siècle commercent chaque année jusqu’en Arabie et jusqu’en Afrique de l’Est. En 1370, la Chine possède 15 000 navires de mer, dont les plus gros déplacent 1 000 tonnes et transportent 1 000 passagers.

 

 

Extraite du Livre des merveilles (1412), riche manuscrit contenant notamment le récit de Marco Polo (1298) cette planche montre l’arrivée d’un navire à Ormuz (Perse). Le chameau et l’éléphant sont ici symboles d’échanges dans l’océan Indien. (© BNF / Manuscrits)

 

 

Bien au-delà de ces données navales, cette histoire comparative et totale fait la synthèse impressionnante d’une bibliographie mondiale considérable (154 pages de sources, provenant de toutes les écoles historiographiques, dont bien évidemment celles des pays limitrophes de l’océan Indien). Chaque information y est étayée par une ou plusieurs référence(s), éventuellement commentée par une note de bas de page.

 

L’analyse est également le fruit des recherches de terrain de l’auteur. Philippe Beaujard est ingénieur agronome, ethnologue et historien, spécialiste de Madagascar et directeur de recherches émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS). Son travail de toute une vie, ou presque, s’appuie sur une pratique pour mettre en lumière la centralité de l’océan Indien dans la globalisation (ne disons pas mondialisation puisqu’en sont alors exclus une grande partie du Pacifique et les Amériques).

 

Plusieurs millénaires avant notre ère apparaissent – en Mésopotamie, en Égypte, dans la vallée de l’Indus et en Chine -, des états et des cités. Servis par les progrès techniques et cognitifs (dont l’écriture et les mathématiques), des échanges s’organisent. Des initiatives privées s’affirment, donnant leur essor aux premières économies-mondes, chères à l’historiographie du capitalisme. Des systèmes-mondes ouverts les uns aux autres selon Philippe Beaujard, s’opposant ainsi à la thèse de Fernand Braudel qui les voyait fermés. Braudel, dont le chef-d’oeuvre La Méditerranée est ici un étalon à l’aune duquel ce livre peut prétendre se mesurer pour l’océan Indien.

 

 

L’Atlas catalan aurait été compilé en 1375 par Abraham Cresques, cartographe de l’école de Majorque (Baléares) qui régnait alors sur les portulans. On voit ici les deux feuilles orientales (65 X 25 centimètres chacune), depuis l’Est de l’Inde jusqu’à la Chine, dont les côtes témoignent d’une activité intense. (© BNF / Manuscrits)

 

 

Le système-monde afro-eurasien se structure du Ier au XVIème siècle autour de cinq coeurs successifs qui sont la Chine (le plus largement et le plus longtemps, nonobstant les grands cycles économiques), l’Inde, l’Asie occidentale, l’Égypte et l’Europe, au Sud (la Grèce et Rome) puis au Nord-Ouest (comprenez avec la péninsule ibérique).

 

Étant entendu que l’Europe – contrairement à ce qu’elle a très longtemps pensé et que certains croient encore -, n’a vraiment dominé qu’entre le Ier et le IIIème siècles, puis à partir du XVème siècle. Les flux sont bien connus, ce sont les routes terrestres de la soie puis celles maritimes des épices que l’on a trop souvent considérées chez nous du seul point de vue… européen, pourtant aussi tardif que longtemps marginal.

 

Ce ne sont pas les Grecs et les Romains qui font de l’océan Indien un centre du monde mais c’est bel et bien “ parce que l’océan Indien abritait les centres de gravité du système-monde que les Méditerranéens se sont dirigés vers l’Est. ” (t. I, p. 363) au 2ème siècle avant notre ère. Unifié par Auguste en 31 avant JC, avec la prise de contrôle de l’Égypte, l’Empire romain est omniprésent en mer Rouge et ses navires atteignent la côte Est d’Afrique. Par voie de terre, les Romains étaient depuis longtemps en Asie (bien après les Grecs et Alexandre le Grand) où il est même possible que certains de leurs prisonniers chez les Parthes aient été pris par les Chinois, lorsque ceux-ci s’emparèrent d’une partie du Khirgizistan en 36 avant JC.

 

D’où l’importance de contourner ces difficultés par la mer. Concernant la navigation romaine, une source très précieuse reste aujourd’hui le Périple de la mer Érythrée (c’est-à-dire de la mer Rouge), rédigé en grec à l’époque romaine (vers le milieu du Ier siècle, même si la copie la plus ancienne encore conservée est un manuscrit byzantin du Xème siècle). Dans ce texte d’instructions nautiques et de renseignements commerciaux, mais aussi de descriptions de navires – ancêtre des portulans méditerranéens (qui furent des textes avant d’être des cartes) -, l’océan Indien est très présent, notamment les ports d’Inde en relation avec le golfe Persique et la mer Rouge. Philippe Beaujard nous rappelle que c’est d’ailleurs à cette époque, autour de l’an zéro, que la notion d’Orient se forge réellement, par opposition au monde gréco-romain. Pline l’Ancien (23-79) serait ainsi le premier auteur classique à désigner “ l’océan Indien ”.

 

 

Le second tome (305 X 230 millimètres, 800 pages) couvre les neuf siècles allant de la naissance de l’Islam à l’arrivée des Portugais dans l’océan Indien. Comme le premier, il est solidement relié. Vu son poids, la grande qualité de son papier et de son impression, ce n’est pas un luxe. (© Armand Colin)

 

 

Un mot sur le titre de mon article : c’est bien de l’Indien avant les Portugais que traite Beaujard. Car les Européens sont très présents dans les contacts avec cet ensemble afro-eurasien, Grecs et Romains donc, puis – pour aller vite – Vénitiens à partir du XIIIème siècle, au moment même où Venise et la Méditerranée développent aussi leurs échanges maritimes avec l’Europe du Nord jusqu’aux villes hanséatiques et la Baltique. Quant aux Arabes, – omniprésents dans l’Indien, comme les Perses, les Indiens et les Indonésiens -, ils assurent la liaison avec la Méditerranée sur une bonne partie de la période intermédiaire et au-delà, sous la conduite des Ottomans.

 

Enfin, le XVème siècle voit l’émergence du grand capitalisme européen dans l’océan Indien. Mais il faudra encore attendre un certain temps avant que les économies asiatiques soient surpassées, tant sont actives les sociétés de l’océan Indien, dans leur démographie comme dans leur organisations politique et religieuse. La suite est beaucoup mieux connue chez nous : Bartolomeu Dias atteint le cap de Bonne-Espérance en 1488. Dix ans plus tard, Vasco de Gama se projette bien au-delà, puis ce seront Magellan et tant d’autres qui exploreront alors un Indien encore inconnu ou presque, celui des hautes latitudes australes, au grand large. Les Portugais sont dans l’Indien et Beaujard achève là son monument.

 

J’ajoute, mais est-ce bien nécessaire, que plus de cinq siècles plus tard – pétrole du Moyen-Orient (c’est moi qui emploie ici ce terme issu de l’eurocentrisme) et commerce des conteneurs avec la Chine (toujours elle) ayant succédé aux épices et aux empires coloniaux -, Européens et Occidentaux n’ont pas fini d’y croiser et d’y faire naufrage. Le vieil Indien est toujours au coeur des préoccupations stratégiques du monde. Une raison supplémentaire, s’il en était besoin, de connaître son histoire millénaire.

 

O.C.

 

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Cyclones et cycle (3/3)

Par

 

Y a-t-il plus de cyclones et sont-ils plus puissants ? Pour répondre à cette question annoncée dans mon premier article, l’énergie du super typhon Haiyan ayant été analysée dans le deuxième, on dispose d’importantes données statistiques et de non moins nombreuses études. Celles-ci ne sont pas toutes d’accord entre-elles…

 

Si l’on analyse les séries ACE (Accumulated Cyclone Energy ou Énergie accumulée d’un cyclone) pour l’ensemble du globe et par bassin océanique (j’en avais cité les années les plus élevées pour l’Atlantique Nord et on y constatait une grande disparité chronologique), on peut dire qu’il est impossible de distinguer une tendance nette de leur évolution sur les années 1970-2012. Autrement dit, l’énergie globale accumulée par les ouragans sur la planète n’est pas en augmentation.

 

 

Compilée pour l’Atlantique Nord, l’ACE annuelle entre 1850 et 2010 montre que cette courbe très irrégulière ne permet pas de dégager une véritable tendance sur plus d’un siècle et demi de données. (© NOAA)

 

 

Mais certains chercheurs considèrent que l’ACE ne serait pas le bon outil pour déterminer si l’activité cyclonique a évolué dans un sens ou dans l’autre au cours des dernières décennies. C’est notamment le cas des auteurs de l’étude publiée en février 2013 par l’American Meteorological Society qui préfèrent se baser sur les pressions les plus basses enregistrées dans l’Ouest du Pacifique Nord, zone la plus active en matière de cyclones dans le monde (c’est celle où a sévi Haiyan).

 

D’autres ont conclu en 2005 dans la revue Nature à une hausse de la puissance des cyclones des trente dernières années, en utilisant l’indice Power Dissipation Index (PDI ou Indice de dispersion de puissance) et en montrant que celui-ci a augmenté de près de 75 % sur la période 1970-2000 dans cette même région de l’Ouest du Pacifique Nord.

 

Cela dit, l’analyse montre aussi que le PDI était particulièrement bas en 1970 par rapport aux années 1950-60, donc très au-dessous de ce qu’il sera après l’explosion des années 1980. La hausse du PDI accumulé est également importante pour ce Pacifique occidental et l’Atlantique, sur les années 1970-2000, si on le compare à la température moyenne de surface de la mer entre 30° S et 30° N.

 

En cette même année 2005, un article publié par la revue Science met en évidence la hausse du nombre de cyclones de catégories 4 et 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson depuis 1970 (pour la terminologie, voir mon premier article) alors que croît la température moyenne de surface de la mer (de 0,3 °C entre 1986 et 2005). Mais la corrélation avec le cycle actuel de réchauffement climatique n’est pas établie de façon catégorique.

 

 

L’intensité des cyclones se réfère ici à l’échelle de Saffir-Simpson. En A, la courbe bleue regroupe les cyclones de catégorie 1, la verte les catégories 2 et 3, la rouge les catégories 4 et 5. Entre 1970 et 2004, par pas de 5 ans, on voit que cette dernière progresse considérablement jusqu’en 1990 puis qu’elle se stabilise à peu près. Tandis que les cyclones de catégories 1 à 3 sont moins nombreux et que le nombre total de cyclones est ainsi en baisse. Les pointillés indiquent les moyennes pour chacune des courbes. Enfin, la courbe noire indique le vent maximal en mètres/seconde. En B, ces données sont exprimées en pourcentages, pour les courbes comme pour les lignes pointillées qui indiquent donc le pourcentage moyen sur la période 1970-2004, toujours pour l’ensemble du globe. (© Revue Science)

 

 

Dans le même temps, le nombre global de cyclones et de jours cycloniques est en diminution, suivant une répartition inégale selon les bassins océaniques, l’Atlantique Nord voyant même une augmentation sur 1970-2005, avec une accélération entre 1990 et 2006 (mais une baisse sur certaines années suivantes, voir plus loin).

 

D’autres scientifiques notent cet accroissement de la fréquence des super cyclones, autrement dit des ouragans les plus puissants, mais soulignent que les mesures de plus en plus fines en grossiraient de fait le décompte le plus récent ou plus exactement que les mesures les plus anciennes n’étaient pas assez fines et qu’il y avait en réalité des phénomènes plus intenses qu’ils n’étaient enregistrés alors.

 

Cependant, l’indice Énergie accumulée d’un cyclone reste ardemment défendu par d’autres spécialistes qui établissent une corrélation très nette entre les courbes de l’ACE et de la température de surface de l’océan. Cela témoigne surtout à leurs yeux d’une très grande irrégularité de l’activité cyclonique globale d’une année sur l’autre, elle-même tributaire de phénomènes à grande échelle comme El Niño et les oscillations de la température d’autres océans sur plusieurs décennies (quand les cycles historiques de variations climatiques sont sur des échelles de temps bien plus longues).

 

 

Par rapport à la normale sur la période 1950-2010, ce graphique montre les anomalies sur la température de surface de l’océan Pacifique, entre 5° N et 5° S et 120° W et 170° W, c’est-à-dire dans la zone où sévissent El Niño (élévations de température en orange) et son contraire La Niña (abaissements de température en bleu). On voit le caractère cyclique du phénomène et le fait que El Niño prend plutôt le pas sur La Niña depuis 1980. Ce qui ne veut pas dire que la seconde est moins active : sur la seule période 2000-2011 qui n’est pas zoomée ici, on a ainsi observé 4 pics du Niño (dont les plus élevés en février 2003 et septembre 2010) pour 3 pics de Niña (dont les plus bas en juillet 2008 et octobre 2011). Les corrélations avec l’activité cyclonique sont étudiées en détail par les spécialistes, comme pour celles avec les oscillations de température des autres océans, mais beaucoup reste à faire pour quantifier la part réelle de celles-ci dans celle-là. (© Columbia University New York)

 

 

Cela expliquerait des baisses d’activité telles que celles observées ces dernières années. Pour ne parler que de l’Atlantique Nord, la date de départ trop tardive de la Mini-Transat a été choisie pour tenir compte de l’extension observée récemment, sous les tropiques, de la saison des cyclones vers la fin de l’automne, voire exceptionnellement au-delà. L’ironie de l’histoire, c’est que contrairement aux prévisions alarmistes de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), délivrées juste avant l’été par la météorologie des États-Unis, 2013 est à fin septembre l’une des années les plus calmes des dernières décennies en matière de cyclones sur l’Atlantique Nord, avec un déficit de 70 % par rapport à la normale sur la période 1981-2010 !

 

En effet, toujours sur l’Atlantique Nord, la période 1955-2005 avait vu un nombre moyen de phénomènes cycloniques baptisés de 10 par an, mais il pouvait varier de 2 à 27 selon les années, comme en 2005 (13 tempêtes tropicales et 14 ouragans) où, en plus des 21 prénoms prévus pour l’année, on a dû utiliser l’alphabet grec pour les six derniers phénomènes d’une saison record (depuis 1933) qui ne s’est achevée que début janvier 2006 !

 

Si le rapport 2013 (non validé) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) conclut qu’on ne peut pas en l’état des connaissances établir de corrélation certaine tandis que les disparités régionales restent considérables et que les projections sont peu fiables, il est néanmoins raisonnable de penser que l’intensité des cyclones, sinon leur nombre qui est à la baisse, ne pourrait qu’augmenter avec une température de surface de l’océan à la hausse dans un cycle long de réchauffement climatique. Pour l’heure, tenons nous en aux faits : il y a moins de cyclones mais plus de super cyclones.

 

O.C.

 

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