La mode est un éternel recommencement. L’architecture navale n’y échappe pas. Parmi nombre de retours – outre la grand-voile à corne – l’étrave inversée est sans doute l’un des plus spectaculaires. Le destroyer furtif USS Zumwalt en offre un exemple éclatant comme les trimarans géants, les bateaux de servitude pour les travaux au large, les nouveaux thoniers et tant d’autres navires. Les images parlent d’elles-mêmes.

 

 

Premier destroyer de la classe Zumwalt, portant le nom de l’amiral américain Elmo Zumwalt (1920-2000), le Zumwalt a été lancé le 29 octobre 2013 au chantier Iron Works de Bath dans le Maine (États-Unis), par General Dynamics. Il devrait être opérationnel en mars 2015. (© US Navy / General Dynamics)

 

 

Une lame de couteau géante ! Le Zumwalt mesure 183 mètres de long pour 24,50 mètres de large, un tirant d’eau de 8,40 mètres et un déplacement de 14 500 tonnes. La vitesse maximale de ce destroyer lance-missiles est de 30 noeuds. Ses superstructures en composite et ses formes – l’étrave inversée mais aussi les bordés rentrés, nettement visibles ici -, en font un navire furtif, difficile à détecter au radar. Il est équipé du « dernier cri » en matière de guerre électronique. (© US Navy / General Dynamics)

 

 

Le cuirassé français Dévastation, lancé en 1879, est assez représentatif des bâtiments de guerre à étrave inversée, à la mode entre 1860 et 1900. Doté d’une propulsion à vapeur et à hélice, il est néanmoins encore équipé de mâts. Le blindage en acier recouvre la coque jusqu’à l’étrave qui est d’abord envisagée ici comme un éperon, à la manière des galères d’antan. Éternel recommencement vous disais-je… mais une même forme peut cacher des motivations différentes. À tel point que l’étrave inversée du XIXème siècle s’accompagne donc d’un rostre qui tient du bulbe de la seconde moitié du XXème  siècle (avec des fonctions distinctes bien sûr), lequel est encore présent sur le Zumwalt (image précédente), mais tend néanmoins à être supprimé de nos jours avec les nouvelles étraves inversées. (© DR)

 

 

À l’image du Prince de Bretagne de Lionel Lemonchois – dont j’espère de tout coeur qu’il va réussir à sauver son bateau chaviré en Atlantique Sud (nouvelles ici), pour être au départ de la Route du Rhum en novembre -, les trimarans géants adoptent également les étraves inversées même si elles sont nettement moins prononcées, toutes proportions gardées, que sur le Zumwalt. (© Marcel Mochet / AFP / Prince de Bretagne) 

 

 

L’étrave inversée améliore la pénétration dans l’eau, diminue la résistance et permet une motorisation moindre à performances égales, autrement dit des économies d’énergie. La tenue à la mer est meilleure, avec moins de tangage. Enfin, pour des relativement petits navires comme les thoniers, la capacité des cales est accrue, ce qui est intéressant. (© US Navy / General Dynamics)

 

 

 

O.C.

 

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