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Monthly Archives: février 2015

Métro, à l’eau, crado

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Métro blues… On veille à ne rien jeter à l’eau, dégoûté de croiser des détritus de toutes tailles dans la moindre baie ou au grand large, et puis on découvre ces images sur le site du photographe américain Stephen Mallon. Depuis des années, la Metropolitan Transportation Authority (MTA) de New York balance dans l’Atlantique des rames entières de son métro, soit plus de 2 500 wagons à ce jour.

 

 

Les wagons de ce genre sont balancés dans l’Atlantique au prétexte de protéger les poissons… L’économie de dépollution et de recyclage est en réalité considérable pour la MTA de New York. (© Stephen Mallon / www.stephenmallon.com)

 

 

Stockés sur des barges, ils sont immergés au large, à la verticale de fonds de sable où ils sont censés faire office de récifs artificiels afin d’y attirer les poissons et de les protéger. Bref, le cynisme n’ayant pas de limites, l’opération est soi disant un modèle écologique favorisant la reconstitution d’un écosystème sous-marin. No comment, comme ils disent !

 

Les petits poissons profiteraient donc de l’amiante dont sont encore truffées les voitures au moment de leur immersion pour se réchauffer ? Et pour s’éclairer, ils peuvent remercier la MTA de leur laisser des câbles électriques ? Ça ferait bien rigoler Zazie. Autant de polluants qui seront renvoyés à l’envoyeur comme le sont les plastiques que l’homme ingère dans son alimentation maritime. Comme s’il n’y avait déjà pas assez des conteneurs et autres objets “ perdus ” par dessus bord au nom de la rentabilité que l’on déguise trop souvent en fortunes de mer.

 

 

 

Comme dans cette voiture, l’amiante est omniprésente et n’est pas retirée avant l’immersion. On peut d’ailleurs s’interroger sur la sécurité des ouvriers manipulant les wagons. (© Stephen Mallon / www.stephenmallon.com

 

 

Ces pratiques sont interdites et plus ou moins stoppées en Europe. Même si les marines militaires ont encore la possibilité d’envoyer par le fond des coques pour tester leurs armes. Et si certaines autorités y recourent parfois, à l’instar du préfet de la Martinique récemment, avec le cargo Cosette, sur la base de l’article L218-45 du Code de l’environnement, considérant qu’il y avait un péril grave et imminent, ce qui a été contesté. Mais retournons outre Atlantique ou plutôt restons-y puisque nous étions à Fort-de-France.

 

Admettons que l’amiante et le plastique soient en quantités infimes comme l’affirment certains. L’exemple pour le citoyen lambda n’en est pas moins dramatique. D’autant plus qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé mais de la règle aux États-Unis qui ont une vieille tradition d’immersion, non seulement de leurs navires mais aussi de leurs biens de consommation tels que les voitures, les machines à laver ou les frigos…

 

 

Empilées sur la barge, ce sont des rames entières qui partent à la mer. Une tradition pour nombre d’équipements et de biens de consommation aux États-Unis. (© Stephen Mallon / www.stephenmallon.com)

 

 

Il paraît que certains pêcheurs amateurs sont ravis de ces spots artificiels où le poisson revient. Que leurs associations les encouragent même. C’est merveilleux ce qu’on est capable d’inventer au nom de la “ civilisation ” des loisirs. Je préfère encore mariner dans le métro que de manger de ce maquereau là.

 

O.C.

 

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GFS refait surface (2/2)

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La nouvelle version de GFS que j’évoquais dans mon premier article devrait améliorer très sensiblement les prévisions. Mais de là à l’utiliser dans les zones côtières de notre façade occidentale où les effets de site et les phénomènes de brises sont importants, ou dans une mer fermée comme la Méditerranée où l’influence des terres et surtout des reliefs est aussi considérable que la multiplicité des îles, il y a un pas optimiste que je ne franchirai pas.

 

 

Sur la Méditerranée occidentale, l’Italien LaMMA propose une déclinaison régionale de GFS avec son modèle WRF. Ici le vent moyen à 10 m, à 5 jours avec une résolution de 12 km. (© LaMMA)

 

 

 

Avec cette mise à jour de GFS, Arpège qui est le modèle mondial de Météo-France avec des prévisions à 4 jours dont la maille horizontale est optimisée à 10 kilomètres sur l’Europe de l’Ouest (sur 70 niveaux au total) n’est plus aussi compétitif. Ce modèle Arpège HR (pour haute résolution, 10 km) est visible ici sur Previmer (simple visualisation sur petite carte à 3 jours).

 

En effet, une déclinaison régionale de GFS telle que le modèle WRF (Weather Research and Forecasting) qui prend bien en compte la topographie (en particulier les reliefs de la côte et de l’arrière-pays) devrait bénéficier directement de l’amélioration de GFS (en l’occurrence du modèle proprement dit d’une part et de sa hausse de résolution d’autre part) alors que nombre de sites météo utilisent ses ressources, notamment dans sa version NMM (Nonhydrostatic Mesoscale Model) qui offre une résolution horizontale fine (jusqu’à 4 km), un exemple ici avec Meteociel (5 km) ou pour la Méditerranée occidentale, ici avec le très bon LaMMA (mais 12 km seulement dans sa version moyenne résolution).

 

Cela dit, pour la courte échéance, les vrais modèles à maille fine - qui réalisent l’assimilation à haute résolution -, sont à privilégier, tout particulièrement en Méditerranée où il faut utiliser en priorité ceux développés par les services locaux. En voici quelques exemples que j’utilise régulièrement, sans aucune prétention d’exhaustivité. En Italie, on trouve ainsi l’excellent modèle LaMMA HR qui n’est autre qu’un WRF utilisant le modèle CEP sur 3 jours avec une résolution horizontale de 3 km, hélas pas sur tout le pourtour de l’Italie et de ses îles.

 

 

Développé par l’université d’Athènes, Poseidon est un excellent modèle à maille fine pour la Grèce (en dépit d’un affichage dont le graphisme et le positionnement gagneraient à être plus précis), ici les Cyclades avec le vent moyen à 10 m, à 3 jours. (© Poseidon)

 

 

En Grèce, c’est le fort bon système Poseidon pour toutes les zones en mer Ionienne et en mer Égée (utiliser la visualisation zoomée sur chaque bassin en passant par l’onglet Sailing Forecast). Sa résolution horizontale est de 1/30 degré, soit 0,03 degré. Dans les deux cas (italien et grec), les données sont gratuites mais il ne s’agit que de visualisations sans fichiers Grib. Tandis que OpenSkiron permet de télécharger des Grib lisibles sur zyGrib, proposés par zones de la Méditerranée (exemple : mer Égée, mais la résolution de calcul et d’affichage aux points de grille n’est plus que de 0,1 degré). Leur provenance est l’université d’Athènes qui réalise et gère le service Poseidon.

 

Côté Météo-France, le modèle numérique de prévision Arome offre une maille de calcul de 2,5 kilomètres (qui doit passer à 1,3 km en ce début 2015 !). Il intègre les données issues des observations locales, par exemple celles des vents doppler des radars météo, et il peut prendre en compte des éléments au sol plus précis, afin de modéliser les îlots de chaleur.

 

Arome voit beaucoup plus le relief littoral et les autres effets de sites qu’un modèle global comme GFS, y compris les brises thermiques, les effets de pointe ou les effets venturi. Enfin, il prend mieux en compte les mouvements verticaux et la modélisation des phénomènes convectifs aux abords des côtes, en particulier les orages. Pour la courte échéance, de une à trente-six heures, la finesse est très supérieure à GFS.

 

 

Le même modèle Poseidon, exploité en grib via le site OpenSkiron et affiché ici sous zyGrib sur les seuls points de grille pour la mer Égée. La résolution (0,1 degré) est trois fois inférieure à celle proposée en affichage simple sur le site Poseidon (0,03 degré). (© zyGrib /Olivier Chapuis)

 

 

Mais ce modèle n’est accessible qu’avec Navimail 2.1.3, lequel propose ainsi une maille jusqu’à 0,025° avec Arome, soit un point de grille tous les 1,5 milles (ou 2,78 kilomètres), ce qui est de la très haute résolution (Navimail 2.1.3 à télécharger ici pour le côtier et ici pour le large) Ces données sont payantes. Celles du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) ou European Centre for Medium-Range Weather Forecasts (ECMWF) le sont aussi.

 

Je ne suis pas un partisan de la libéralisation à outrance, c’est un euphémisme, mais on peut s’interroger – comme le faisait l’an dernier Francis Fustier dans son remarquable blog Navigation Mac -, sur le fait de savoir jusqu’à quand ce sera tenable vis-à-vis des citoyens et contribuables européens qui en financent une large partie. Ouvrir ces données aux développeurs qui veulent y ajouter de la valeur serait effectivement une bonne idée. À condition qu’elles le soient aussi aux utilisateurs lambda en libre accès, au minimum à un format brut exploitable comme les fichiers Grib. Ce serait d’autant plus judicieux que CEP était reconnu meilleur que GFS… en tout cas jusqu’à la mise à jour majeure que vient de connaître ce dernier.

 

O.C.

 

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