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Monthly Archives: septembre 2015

Elle a tout d’une grande

Par

 

J’ai déjà dit tout le bien que je pense du travail de Yann Groleau sur Géovoile. J’avais parlé pour la première fois de ce remarquable suivi cartographique au large, il y a près de cinq ans, lorsque j’avais analysé de ce point de vue les coulisses du record autour du monde en solitaire ou du Trophée Jules Verne en équipage. Depuis, Géovoile s’est imposée comme la référence, en France et à l’étranger, son Race Management System (RMS) étant utilisé par la plupart des directions de courses, comme je l’avais raconté l’an dernier ici et .

 

 

Adoptée par la majorité des grandes courses au large, dont la Mini-Transat, la cartographie Géovoile se reconnaît en un coup d’oeil. (© Mini-Transat Îles de Guadeloupe 2015 / Géovoile)

 

 

Je souhaite en reparler aujourd’hui à propos de la Mini-Transat avec laquelle tout avait commencé pour Yann (en ce qui concerne la voile), voici dix ans tout juste. Car le remarquable site internet de la Mini propose une cartographie très complète accompagnée de statistiques et de graphiques qu’on avait vu apparaître sur la Barcelona World Race l’hiver dernier.

 

Outre les fondamentaux qui sont la marque de la qualité Géovoile, un graphisme épuré et lisible (y compris pour le vent GFS) avec toutes les fonctionnalités souhaitées – dont l’outil de calcul de distance très pratique pour mesurer des décalages en latéral et le cercle de visibilité théorique permettant de savoir si des concurrents peuvent s’apercevoir -, l’algorithme de routage à cinq jours, très léger, peut être joué de manière tout à fait fluide pour les trois premiers de chaque flotte (protos et séries) comme l’on peut rejouer tout ou partie du parcours d’un skipper ou de la flotte avec la même facilité.

 

 

Où l’on voit sur les graphiques que l’avance de Davy Beaudart ne cesse de progresser depuis le 21 septembre. L’échelle des distances n’est pas assez détaillée sur une course où les écarts sont plus en dizaines qu’en centaines de milles. (© Mini-Transat Îles de Guadeloupe 2015 / Géovoile)

 

 

Sous l’onglet Classements, les données sont fort bien présentées et très complètes avec les données route fond et vitesse fond – et au-dessous la VMC (Velocity Made on Course) c’est-à-dire la vitesse de rapprochement vers la marque -, sur une heure, quatre heures et vingt-quatre heures. Auxquels s’ajoutent l’heure UTC de référence, la position et la distance au but ainsi que l’écart au premier. La cartographie est mise à jour six fois par jour, à 6, 9, 12, 15, 18 et 21 heures (heure française), soit 4, 7, 10, 13, 16 et 19 heures UTC.

 

Sous l’onglet Graphiques, les courbes d’analyse permettent de visualiser la vitesse fond point à point, sur quatre ou vingt-quatre heures, ainsi que les écarts et les places occupées au classement, le déplacement du curseur sur les courbes affichant les données correspondantes dans des étiquettes. Si les réponses sont pertinentes en tant que telles, elles deviennent encore plus intéressantes en les corrélant à la météo rencontrée et aux coups stratégiques et tactiques joués, ce qui nécessite d’afficher ces données en écrans multiples. La lisibilité des graphes n’est d’ailleurs pas évidente lorsque les couleurs sont trop ressemblantes et l’idéal serait que des teintes contrastées soient ici affectées aux rangs consécutifs et non à un coureur donné.

 

 

Vendredi 25 septembre à 15h00, le routage fait arriver Davy Beaudart en vainqueur ce samedi 26 à 16h26. (© Mini-Transat Îles de Guadeloupe 2015 / Géovoile)

 

 

 

Enfin, l’onglet Statistiques propose les données suivantes dans l’ordre de défilement de la page. Le pourcentage effectué et restant à couvrir sur la route théorique de l’étape, calculée en orthodromie avec, en temps quasi réel, la vitesse moyenne tenue sur le temps écoulé depuis le départ, rapporté à cette même distance théorique. S’y ajoutent la distance réellement parcourue sur le fond, la distance et la vitesse maxi sur 24 heures, le hit-parade des leaders, la chronologie de leurs prises de pouvoir et les écarts maximaux par rapport à eux. Toutes ces fonctionnalités n’ont donc rien à envier à celles proposées sur les autres épreuves. Mais ça on le savait déjà… la Mini, elle a tout d’une grande !

 

O.C.

 

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Indigestion

Par

 

Tout ce qui va à la mer nous revient en pleine gueule. Si l’ampleur de ce que nous y déversons n’a d’égale que la diversité des cochonneries dont nous nous débarrassons, l’omniprésence des plastiques dans les océans est désormais bien établie. L’axiome concerne au premier chef les poissons que nous mangeons.

 

 

Comme toutes les espèces marines, les oiseaux de mer ingurgitent des particules de plastique. (© Olivier Chapuis)

 

 

Encore plus récente que celle favorisant le réchauffement climatique, cette pollution majeure s’est réalisée en soixante-dix ans à peine, une nanoseconde de l’histoire du monde. Cela aura suffi à l’homme pour contaminer tous les océans jusqu’aux hautes latitudes de l’hémisphère Sud que l’on avait longtemps cru préservées. Toutes les espèces animales qui y vivent sont concernées.

 

C’est ce que confirme une nouvelle étude consacrée aux oiseaux marins, intitulée Threat of plastic pollution to seabirds is global, pervasive, and increasing (La menace de la pollution des plastiques sur les oiseaux de mer est mondiale, largement répandue et en hausse), qui vient de paraître dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America et que l’on peut lire en ligne ici, sous la plume de Chris Wilcox, Erik Van Sebille et Britta Denise Hardesty.

 

 

Les mers australes, ici en Tasmanie, sont de plus en plus touchées par la même pollution que dans l’hémisphère Nord. (© Olivier Chapuis)

 

 

Entre 1962 et 2012, la littérature scientifique établit que 59 % de 135 espèces, soit 80 espèces d’oiseaux de mer, avaient été affectées par de telles ingestions. Cela correspondait à 29 % des individus dans l’intestin desquels on avait effectivement retrouvé des particules de plastique. Les auteurs estiment que cela concernerait 90 % des individus si ces études étaient conduites aujourd’hui.

 

Se basant sur les publications existantes et les modèles numériques de prévision en océanographie et en écologie, ils concluent que si rien n’inverse la courbe exponentielle de cette pollution, 99 % des 186 espèces d’oiseaux marins prises en compte pour l’étude auront ingurgité des débris de plastiques en 2050.

 

 

Même en mangeant du poisson, les oiseaux ingurgitent du plastique. Comme l’homme. (© Olivier Chapuis) 

 

 

Tout l’océan Austral en bordure de l’Antarctique, serait alors le plus touché, ainsi que ses mers limitrophes, à commencer par la mer de Tasman, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, comme le sont d’ores et déjà les eaux bordant les pays les plus industriels de l’hémisphère Nord. Il n’y a plus de sanctuaire sur la planète mer. Comme tout le reste, nos ordures sont mondiales.

 

O.C.

 

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