Tout ce qui va à la mer nous revient en pleine gueule. Si l’ampleur de ce que nous y déversons n’a d’égale que la diversité des cochonneries dont nous nous débarrassons, l’omniprésence des plastiques dans les océans est désormais bien établie. L’axiome concerne au premier chef les poissons que nous mangeons.

 

 

Comme toutes les espèces marines, les oiseaux de mer ingurgitent des particules de plastique. (© Olivier Chapuis)

 

 

Encore plus récente que celle favorisant le réchauffement climatique, cette pollution majeure s’est réalisée en soixante-dix ans à peine, une nanoseconde de l’histoire du monde. Cela aura suffi à l’homme pour contaminer tous les océans jusqu’aux hautes latitudes de l’hémisphère Sud que l’on avait longtemps cru préservées. Toutes les espèces animales qui y vivent sont concernées.

 

C’est ce que confirme une nouvelle étude consacrée aux oiseaux marins, intitulée Threat of plastic pollution to seabirds is global, pervasive, and increasing (La menace de la pollution des plastiques sur les oiseaux de mer est mondiale, largement répandue et en hausse), qui vient de paraître dans les Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America et que l’on peut lire en ligne ici, sous la plume de Chris Wilcox, Erik Van Sebille et Britta Denise Hardesty.

 

 

Les mers australes, ici en Tasmanie, sont de plus en plus touchées par la même pollution que dans l’hémisphère Nord. (© Olivier Chapuis)

 

 

Entre 1962 et 2012, la littérature scientifique établit que 59 % de 135 espèces, soit 80 espèces d’oiseaux de mer, avaient été affectées par de telles ingestions. Cela correspondait à 29 % des individus dans l’intestin desquels on avait effectivement retrouvé des particules de plastique. Les auteurs estiment que cela concernerait 90 % des individus si ces études étaient conduites aujourd’hui.

 

Se basant sur les publications existantes et les modèles numériques de prévision en océanographie et en écologie, ils concluent que si rien n’inverse la courbe exponentielle de cette pollution, 99 % des 186 espèces d’oiseaux marins prises en compte pour l’étude auront ingurgité des débris de plastiques en 2050.

 

 

Même en mangeant du poisson, les oiseaux ingurgitent du plastique. Comme l’homme. (© Olivier Chapuis) 

 

 

Tout l’océan Austral en bordure de l’Antarctique, serait alors le plus touché, ainsi que ses mers limitrophes, à commencer par la mer de Tasman, entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, comme le sont d’ores et déjà les eaux bordant les pays les plus industriels de l’hémisphère Nord. Il n’y a plus de sanctuaire sur la planète mer. Comme tout le reste, nos ordures sont mondiales.

 

O.C.

 

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