Il y aura cent ans le vingt-deux novembre, mourait le loup des mers. Dans son ranch californien de Glenn Ellen, Jack London (1876-1916) cessait de vivre à quarante ans, après une existence bien remplie, où la navigation occupa une place de choix.

 

 

Cette célébrissime photo de Jack London fut prise par Charmian, sa femme, à bord du Roamer, en 1914, deux ans avant sa mort. Elle a notamment servi d’image de couverture au dixième et dernier numéro de Carré Voiles (septembre/novembre 2007), magnifique ouvrage sur l’aventurier des mers que fut London, réalisé par Éric Vibart, Laurent Charpentier et Antoine Sézérat, alors à Voiles et voiliers. Un collector cultissime ! (© California Department of Parks and Recreation)

 

 

Officiellement décédé d’une crise d’urémie, il avait pris la veille un cocktail à base de morphine, d’atropine et d’opium, peu compatible avec l’alcool, son compagnon de vie. Entre ses mains, on retrouva l’ultime livre qu’il lisait, un récit de voyage au cap Horn. Il ne s’était jamais remis de la mort de leur bébé, six ans auparavant, Joy n’avait vécu qu’un jour et demi.

 

 

London sur le Roamer, cotre à tapecul de 9 mètres, avec lequel il navigue autour de San Francisco de 1910 à 1915. (© The Henry E Huntington Library and Art Gallery) 

 

 

L’écrivain ne s’éteignait pas puisqu’il laissait une oeuvre qui n’en finit pas de passionner. Côté sillages, son chef-d’oeuvre fut tracé d’avril 1907 à novembre 1908. Jack, sa femme Charmian et un équipage d’amis traversèrent alors le Pacifique de San Francisco aux îles Salomon, via Hawaï, les Marquises, la Polynésie, les Samoa, les Fidji et les Nouvelles-Hébrides.

 

 

Les éditions de Jack London en français sont fort nombreuses, notamment en poche. Mais pour le centenaire de la naissance de l’écrivain, La Pléiade l’accueille dans sa prestigieuse collection, en deux volumes de Romans, récits et nouvelles, vendus séparément ou sous coffret. (© Gallimard)

 

 

À bord du Snark, London continua d’écrire quelques-uns de ses meilleures livres, sans pour autant oublier de vivre pleinement. Cette virée au grand large fut l’occasion de multiples rencontres avec les habitants du Grand océan.

 

 

Jack et Charmian London à bord du Snark. Sur cette goélette de 21,33 mètres hors-tout, 17,37 mètres de longueur de coque et 13,71 mètres à la flottaison, le couple vit sa plus belle expérience maritime. (© The Henry E Huntington Library and Art Gallery)

 

 

La modernité et l’humour de l’homme de lettres transparaissaient jusque dans sa manière de naviguer, à l’instar du soliloque très drôle que l’on trouve dans La croisière du Snark sur sa navigation astronomique. De l’enfance à la fin, London est l’un de ces écrivains auxquels on revient.

 

 

Le capitaine Warren au sextant entre Hawaii et Fidji, méridienne et droite de hauteur au menu. (© The Henry E Huntington Library and Art Gallery)

 

 

O.C.

 

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