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Monthly Archives: août 2017

Avec lui le déluge

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Premier ouragan majeur de la saison cyclonique en Atlantique Nord, Harvey n’était qu’une tempête tropicale lorsqu’il franchit l’arc antillais, le 18 août. Il perdait de son intensité en arrivant sur la presqu’île du Yucatán (Mexique) après avoir traversé la mer des Caraïbes. Obliquant vers le Nord-Nord-Ouest sous l’influence de la force de Coriolis, il se rechargeait brutalement en énergie sur les eaux très chaudes du golfe du Mexique, atteignant rapidement la catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson.

 

 

Le 29 août à 01h00 CDT (Central Daylight Time), soit 06h00 UTC, Harvey se déplace vers l’Est-Sud-Est à seulement 4 noeuds mais le déplacement prévu dans les prochains jours est un lent mouvement vers le Nord-Est passant au-dessus de la Louisiane le 30 août. Notez la croix orange au large de la Caroline du Sud, en bordure du Gulf Stream : elle indique une dépression en cours de formation qui devrait donner une violente tempête le long des côtes américaines ces prochains jours (le 31 août au Sud de la Nouvelle-Écosse, le vent soutenu atteindra 70 noeuds et les rafales dépasseront les 85 noeuds) . Quant à la croix orange au Sud de l’archipel du Cap Vert, elle signifie qu’une onde tropicale et les basses pressions associées présentent cinquante pour cent de risques qu’un cyclone se forme sous 48 heures. Le tout est à surveiller ici sur le site du National Hurricane Center (NHC) de la NOAA. (© NOAA / NHC)

 

 

S’il a été rétrogradé en catégorie 3 lorsque son oeil (938 hPa) a atteint la côte américaine près de Rockport (Texas), le 26 août à 3 heures UTC, avec un vent soutenu mesuré jusqu’à 212 km/h (115 noeuds), la surcote découlant de la pression atmosphérique très faible et du vent violent, a été estimée de 1 mètre à 3,70 mètres selon les sites de part et d’autre de l’estran, leur configuration hydrographique et topographique ayant une grande influence (bathymétrie, pente littorale, relief…). Cette hausse du niveau de la mer a généré des inondations considérables sur cette côte basse, ce que n’avait pas fait l’ouragan Matthew, le plus fort de la saison dernière.

 

À titre de comparaison, la surcote avait atteint près de 8,50 mètres pour Katrina en 2005 à La Nouvelle-Orléans, un record depuis qu’on fait des mesures satellitaires (on évoque 14,60 mètres pour un cyclone ayant touché l’Australie en 1899). Celle de Xynthia était de 1,50 mètre (toujours sans compter la marée proprement dite), en Vendée et en Charente-Maritime, et celle de la tempête d’octobre 1987 en Bretagne était de 2,50 mètres.

 

 

Cette autoroute (I610) de Houston est noyée sous plusieurs mètres d’eau, le 27 août à 11 heures 38 (heure locale).  Le 29 août à 9 heures UTC, il était déjà tombé plus de 1 000 mm de pluie depuis le début du phénomène, quatre jours et demi auparavant. (© Houston TranStar)

 

 

Cependant, dans le cas de Harvey, rapidement redevenu tempête tropicale depuis qu’il ne s’alimente plus en énergie sur les eaux chaudes, ce sont les précipitations qui donnent le vertige. En effet, la dépression progresse très peu et inonde de ses pluies diluviennes la région de Houston, ses monstrueux cumulonimbus générant des orages violents avec de la grêle et des tornades (pas moins de 43 tornades ont été observées en 36 heures sur Houston et ses environs, plus de 150 avis de tornades ont été émis par le National Weather Service de Houston depuis l’arrivée de Harvey !).

 

Selon les prévisions du National Hurricane Center (NHC) de la NOAA, cette situation pourrait encore durer deux ou trois jours sur la trajectoire prévue de Harvey, portant le cumul de pluie à plus de 1 000 mm, voire à 1 500 mm (1 500 litres par mètre carré !) en certains points. En cinq jours, il serait alors tombé plus qu’en une année (la pluviométrie annuelle normale à Houston est de 1 264 mm pour la période 1981-2010 selon la NOAA) !

 

 

Cette image d’Harvey a été prise par le satellite Copernicus Sentinel 3A de l’Agence spatiale européenne (ESA), le 25 août 2017 à 04h06 UTC. Soit 24 heures avant qu’il ne touche terre au Texas, alors qu’il atteignait son développement maximal sur le golfe du Mexique, en catégorie 4 sur l’échelle de Saffir-Simpson (notez l’échelle, le contour de l’oeil fait plus de 200 kilomètres de diamètre). La température de brillance au sommet des cumulonimbus, à près de 15 000 mètres d’altitude (sommet de la troposphère à cette latitude), témoigne de l’immense énergie émise par ces contrastes considérables : elle varie de -80 °C près de l’oeil (bleu foncé) à +20 °C à la périphérie (rouge foncé). Ce gradient de température est aussi important verticalement, la formidable convection expliquant notamment la grêle qui accompagne les précipitations diluviennes. (© ESA)

 

 

Cela pourrait alourdir le bilan humain provisoire (il serait de neuf morts) et matériel (peut-être vingt milliards de dollars de dégâts voire beaucoup plus). Ce véritable déluge est à comparer aux 350 mm de précipitations générées par Katrina en 2005 sur la Louisiane et la Floride. Une triste référence en matière d’inondations meurtrières lorsque les plus pauvres avaient été piégés par les eaux (plus de 1 800 morts).

 

O.C.

 

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Vous n’oubliez pas quelque chose ?

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Dans la série ils se moquent du monde, après les porte-conteneurs, voici le dock flottant. J’ai croisé celui-ci en mer Égée, le 15 juin dernier, sur l’autoroute de Suez au Bosphore. Non, il n’avance pas à la voile et ce n’est pas plus le linge de l’équipage qui sèche. Ces bâches en lambeaux que l’on n’a pas pris le temps d’enlever – parce que le temps c’est de l’argent et que l’argent c’est quand même plus important que l’environnement -, sont juste un aperçu de ce que l’on croise régulièrement en mer. Le plastique des océans ne vient pas que de la terre.

 

 

Le dock flottant Unithai 1 mesurait 282 mètres de long à l’origine (il a vraisemblablement été raccourci) pour 47 mètres de large… (© Olivier Chapuis)

 

 

Transporté ici par le navire semi-submersible Zhen Hua 15 de l’armement néerlandais ZPMC, le dock flottant Unithai 1 du chantier thaïlandais Unithai Shipyard and Engineering (UTSE) peut accueillir des navires de 140 000 tonnes de port en lourd. Lorsqu’on en recherche des images sur internet, on constate que ces bâches sont normalement entières et l’on en déduit que tout ce qui n’est plus là est parti à l’eau entre l’Asie et la Méditerranée, étouffant peut-être au passage quelques mammifères marins et autres tortues, avant de se décomposer sûrement en micro particules qu’ingéreront les poissons et ceux qui les mangent…

 

O.C.

 

 

…Il est embarqué sur le Zhen Hua 15 (233,30 mètres de longueur hors-tout pour 42 mètres au maître-bau). (© Olivier Chapuis)

 

 

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