Tandis que la Volvo Ocean Race (VOR) a quitté Hong Kong, ce 7 février, pour Auckland, Vestas 11th Hour Racing rallie la Nouvelle-Zélande plus discrètement par cargo. Sérieusement endommagé, le voilier américano-danois y retrouvera un nouveau tronçon avant, construit par Persico en Italie. Quant au rapport officiel de l’accident ayant coûté la vie à un marin-pêcheur chinois, il n’a pas encore été publié. Le sera-t-il un jour ? Existe-t-il seulement ?

 

Volvo appartenant à un groupe chinois (pour ce qui concerne les voitures), la Chine et son satellite de Hong Kong sont d’un intérêt stratégique pour la course autour du monde en équipage. Ceci expliquant peut-être cela, autant que la mort d’un homme et l’émoi suscité dans la communauté locale des pêcheurs. Depuis dix ans, la VOR a ainsi successivement visité Qingdao (2008-2009), Sanya (2011-2012, 2014-2015) et Guangzhou cette fois (l’ancienne Canton). Charles Caudrelier et l’équipage de Dongfeng y ont d’ailleurs été célébrés par leur sponsor, grand constructeur automobile local. Si bien que lors de la régate sur site, l’envie de bien faire les a poussés successivement à un départ volé puis à toucher une bouée, les reléguant à une dernière place inaccoutumée.

 

 

À Hong Kong, Vestas 11th hour Racing a été embarqué sur un cargo à destination de la Nouvelle-Zélande (© https://vestas11thhourracing.com/) 

 

 

Concernant l’accident, des informations officieuses circulent. Elles évoquent la présence de trois petits bateaux de pêche dont deux auraient bien eu leurs feux de route et un troisième qui ne les aurait pas allumés et n’aurait pas été aperçu par l’équipage de Vestas dont le code zéro empêchait de voir sous le vent. Ce bateau de pêche aurait été heurté au niveau de sa timonerie. Compte tenu de la faible hauteur de la brèche sur le VO65, cela désignerait une très petite embarcation, fort basse sur l’eau.

 

Rien ne filtre quant à l’usage ou non du radar. La seule chose que je puisse ajouter en l’état à mon article précédent est que l’Automatic Identification System (AIS) ayant un effet pervers chez les coureurs qui ne cessent de le scruter pour contrôler les performances de leurs concurrents, on peut se demander si l’hypnotique AIS n’aurait pas également cette conséquence en matière de sécurité au détriment du suivi attentif de l’écran radar ?

 

Enfin, et même si c’est moins grave, Sun Hung Kai/Scallywag dont j’avais relaté le cafouillage devant un récif du banc de Landsdowne aurait bénéficié d’un message d’alerte de la direction de course quant au risque d’échouement selon nos excellents confrères de Sailing Anarchy. À ce niveau de compétition – d’autant plus qu’il a ensuite remporté l’étape à domicile (l’armateur est de Hong Kong) -, on est en droit de s’interroger sur ce type d’assistance. Le jury international aurait statué que ça n’en était pas. Circulez, il n’y a rien à voir. Silence radio sur toutes les fréquences.

 

O.C.

 

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