Elle a un peu maigri mais elle a de beaux restes. Jusqu’au printemps dernier, la France maritime était arrondie à onze millions de kilomètres carrés. Sur le nouveau portail des Limites maritimes que le Service hydrographique et océanographique de la Marine (SHOM) vient de mettre en ligne pour le compte de l’État, le SHOM a refait ses calculs avec une projection cartographique déformant moins les surfaces aux latitudes élevées et un algorithme de géodésie plus performant.

 

 

Les espaces maritimes de la France se répartissent sur les trois grands océans du monde. (© SHOM / GEBCO)

 

 

En incluant les extensions du plateau continental, les espaces maritimes de la France totalisent 10 756 129 kilomètres carrés (leur répartition planétaire est à consulter ici). Sans ces extensions que gère le programme Extraplac, la superficie est de 10 182 155 kilomètres carrés.

 

Il s’agit du deuxième domaine maritime du monde derrière celui des États-Unis qui serait de 11,3 millions de kilomètres carrés (mais les États-Unis n’ont pas communiqué de chiffres officiels à ce sujet et il n’ont pas signé la Convention des Nations unies sur le droit de la mer – dite Convention de Montego Bay -, du 10 décembre 1982, entrée en vigueur en 1994 et ratifiée par la France le 11 avril 1996).

 

 

C’est en juin 2011 que le gouvernement avait demandé au Service hydrographique et océanographique de la Marine de recalculer avec précision les limites et la superficie des eaux sous pavillon français. (© Olivier Chapuis)

 

 

Sur ce nouveau portail qui sera régulièrement actualisé, la localisation et les tracés des espaces maritimes français sont visibles grâce à des cartes téléchargeables en PDF (textes réglementaires, méthodologie et glossaire complètent cette documentation). Elle le sont également via la cartographie interactive de data.shom.fr. Quant aux définitions des différentes zones constituant un domaine maritime, elles sont à voir ici, outre la question des dénominations et des limites des mers et océans que j’avais évoquée dans un article passé.

 

À ce jour, la France compte quarante-sept délimitations maritimes avec trente et un pays dont près de vingt ont donné lieu à la signature d’accords. Des litiges subsistent sur les tracés, notamment à cause de méthodes de calcul divergentes, par exemple avec l’Italie et l’Espagne pour ne parler que des pays limitrophes de notre métropole. Publié ce 2 août au Journal officiel de la République française, le décret n° 2018-681 du 30 juillet 2018 établit néanmoins la limite extérieure de la mer territoriale au large du territoire métropolitain de la France. Il est consultable ici.

 

 

Gérée par le programme Extraplac pour la France et par la Commission des limites du plateau continental à l’ONU, la question de l’extension du plateau continental est cruciale. (© Ifremer)

 

 

Au-delà commence la haute mer. Les Nations unies vont tenter de lui attribuer un cadre juridique, non souhaité par ceux qui la pillent et la polluent allègrement. Bénéficiera-t-elle un jour de règles en dehors de celles existantes se rapportant à la sauvegarde de la vie humaine et à quelques autres domaines restreints ? Fort anciens, et remontant pour notre monde moderne aux grands voyages d’exploration et de colonisation, les enjeux stratégiques, économiques ou environnementaux sont évidemment considérables.

 

O.C.

 

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