Le diable se niche dans les détails. En annonçant sa démission du gouvernement, en direct sur France-Inter le 28 août au matin, Nicolas Hulot a évoqué plusieurs sujets emblématiques des contradictions de nos sociétés de production et de consommation. L’un d’entre-eux concerne directement la mer dont il avait la responsabilité.

 

“ Quand on se réjouit, ça va vous paraître anecdotique, de voir sortir de Saint-Nazaire un porte-conteneurs qui va porter 50 000 conteneurs, superbe performance technologique, mais est-ce bon pour la planète? La réponse est non… ” Ce n’est pas moi qui vais le contredire sur ce point, ayant régulièrement pointé la folie du gigantisme en la matière.

 

Sauf que cette phrase comprend deux contrevérités. Les Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire n’ont construit qu’un seul porte-conteneurs dans leur histoire et c’était en… 1969. Outre des pétroliers et des méthaniers, la grande spécialité du constructeur est évidemment les paquebots, autrement plus complexes. Ils n’en sont pas moins problématiques pour l’environnement, par leurs émissions, au même titre que la plupart des navires mais à l’échelle de leur capacité croissante qui s’avérera mortifère en cas de fortune de mer.

 

 

Le maritime ? Un je ne sais quoi de vague… (© Olivier Chapuis)

 

 

Quant aux porte-conteneurs, ils sont heureusement loin d’atteindre les 50 000 conteneurs, les plus grands actuellement en chantier visant les 22 000 EVP (Équivalent vingt pieds), soit au maximum 22 000 conteneurs de vingt pieds et d’autant moins, en nombre de boîtes, s’ils embarquent des conteneurs de 40 pieds. D’aucuns penseront que je pinaille et que l’essentiel n’est pas là.

 

Sans doute. Mais en entendant le lendemain matin, 29 août, un chroniqueur vedette de France-Inter construire son édito politique sur ce fait erroné, je n’ai pu m’empêcher de penser qu’une fois de plus, le maritime dérivait dès qu’il tombait en des mains terrestres. Il est vrai que le hiatus ne date pas d’hier et que notre vieux pays entend plus au labourage et à la manufacture qu’au marnage et à la biture. Quoique.

 

Côté environnemental, la situation est suffisamment grave pour qu’on n’en rajoute pas. C’est même contre-productif car à force d’entendre crier au loup… Cette confusion sert les derniers sceptiques du réchauffement climatique. Sont-ils désormais moins nombreux que les cyniques dont les lobbyistes des intérêts financiers sont les parangons ?

 

À propos, Confusion est le titre de l’ultime scénario de Jacques Tati. Dès le début du film, il y faisait mourir Monsieur Hulot pénétrant sur un plateau de tournage où les balles sifflaient. L’une d’elles n’était pas à blanc.

 

O.C.

 

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